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, fées déesses et druidesses

Mythologie Celte : déesses, fées et druidesses du paganisme matriarcal pré-aryen

La mythologie celtique présente la particularité de n’avoir qu’un unique principe divin féminin. Dans la littérature mythique et dans la toponymie, différentes déités importantes en sont les émanations.

Le souvenir d’une ère matriarcale révolue

Comme dans la mythologie grecque (Jason et Médée, le matricide d’Oreste…), les légendes celtiques relatent souvent les conflits et tragédies résultant du passage du matriarcat « primitif » au patriarcat du « progrès », du droit maternel (liberté sexuelle et amoureuse) au droit paternel (mariage, virginité, et répression sexuelle). Elles témoignent de cette nostalgie d’une ancienne ère révolue, paradis perdu sous les traits du monde de Féérie, le Sidh (« l’autre monde », ou monde des esprits, car il n’y a ni enfer ni paradis chez les païens), univers parallèle ou sous les eaux, et par delà les océans, royaumes où règnent les puissantes fées, îles merveilleuses des femmes, de la jeunesse et de l’abondance, où le temps et la souffrance ne sont plus.

Les fées matriarches de « l’autre monde »

Le pays des fées est fondamentalement d’essence matriarcale. En témoignent ces nombreuses fées et Dames du Lac (qui donna l’Épée au roi Arthur), le plus souvent non mariées (supposées et dites « vierges » comme Diane-Artémis), qui séduisent et collectionnent les mortels valeureux. Malheur à qui osera rejeter les avances de ces dames. Les plus chanceux se verront expédiés dans « l’autre monde », lors d’une chasse, poursuivant un gibier magique, un animal blanc surnaturel (biche, cerf, sanglier… un animal totémique, héraldique, sacré), qui les attirera au travers d’une porte invisible du Sidh, afin qu’ils y réapprennent les bonnes manières amoureuses envers les femmes.

Les Thuatha de Danann, fils de Dana

Le panthéon celtique est peuplé de nombreuses déesses telles Brigit, mère de tous les dieux. Elle règne sur les arts, la guerre, la magie et la médecine. Mais aussi Dana, la mère primordiale de l’ancienne race elfique des Tuatha Dé Danann (fils de Dana). Ce sont des héros et des magiciens (Bansidh). Ils maîtrisent le druidisme, le savoir et les arts. Ils vinrent d’îles merveilleuses au nord du monde, pour régner sur l’Irlande jusqu’aux invasions Aryennes des Milésiens (celtes venus par l’Espagne en 500 av-JC).

Le destin du peuple vaincu des mégalithes

Les Tuatha Dé Danann retournèrent en partie sur leurs îles, et ceux qui restèrent se cachèrent dans des palais sous les vertes collines. Ils s’appelèrent alors les Daoine Sidh, ou Peuple des fées, du latin fata (destin), ou du Gaélique faé (vaincu). Ce détail étymologique semble confirmer que c’est bien un peuple matriarcal, les fées que les envahisseurs aryens celtes ont vaincus, en conquérant l’Irlande. Ériu (ou Erin, Eri) est une déesse souveraine de l’Irlande. Elle faisait partie des Tuatha Dé Danann. Déesse éponyme de l’Irlande, tout comme ses sœurs Banba et Fotla. Elle devient la personnification de la nation irlandaise qui prendra son nom : Eire.

Dana, déesse-mère celtique de la Terre

Elle est l’équivalent celtique de la très populaire Gaïa. À elle seule elle représente plusieurs aspects des deux déesses terrestres Gaïa et Déméter. Elle est la mère des dieux et des humains, le « peuple de la déesse Dana » ou « Tribu de la déesse Dana » les Thuatha de Danann portent encore et toujours son nom. Elle peut-être Dana, Danu, Ana, Anna, Anu, Dôn. Déesse Mère de la terre d’Irlande, mais elle est la Terre. Elle est la mère de toute vie, autant chez les dieux que chez les humains. Son nom est si ancien, qu’on en a oublié d’où il vient. Quoi qu’il existe quelques pistes, quelques liens, de ceux qui la relient à la Diane des romains, à cette Sainte-Anne mère de la Vierge Marie mère de Jésus. Les déesses celtes sont nombreuses à avoir été avilies où réduites au statut de sainte, selon ce qui arrangeait les « romanciers » qui réécrivent l’histoire biblique de Jésus. Dana, cette grande divinité irlandaise, mère mythique de la dernière génération des dieux (dans les mythes, légendes et contes qui nous sont parvenus) qui régnèrent sur l’Irlande; les Tuatha de Danann, a laissé son nom à des rivières et aux collines jumelles nommées « Dé Chich Anann » (les seins d’Anu).

Chanson pop celtique, « Fille de Dana », interprétée par Nolwenn

Dans les Védas indiens, Danu est aussi la déesse-mère primordiale. Son fils, le serpent Vritra, sera terrassé par la foudre du nouveau dieu guerrier aryen Indra.

Lire Matriarcat pré-aryen dans l’hindouisme : Krishna-Christ contre Indra, tueur du serpent de la Déesse

La déesse-mère gauloise

Ana était une déesse mère dans les croyances gauloises. La Déesse Celte Anna (Dana, Danu, Ana, Anna, Anu, Dôn ou Danann) est d’une certaine façon l’équivalence de Gaïa pour les Grecs. Elle représente la mère des Dieux Celtes et en même temps la mère des Humains. Elle donnera son nom à la grand tribu de la mythologie celte, Tuatha Dé Danann. Le culte, très vivace dans l’ouest, s’est retrouvé plus tard dans le culte chrétien à Sainte Anne. Toujours présente dans les esprits, elle est la Sainte Patronne du pays Celte de Bretagne (Breizh/ Bertaïgn).

La déesse-mère galloise du Mabinogi

Dôn est une déesse-mère de la mythologie celtique galloise. Dans la littérature mythologique, elle apparaît notamment dans le conte Math fils de Mathonwy, qui est la quatrième branche du Mabinogi et dans Kulhwch et Olwen. Elle est l’équivalent de Dana, la grande déesse irlandaise des Tuatha Dé Danann. Ses enfants dieux sont les quatre frères Gwydion, Hyfeidd, Gofannon et Gilfaethwy et la déesse Arianrhod, la « roue d’argent ».

L’oncle maternel devient gardien de la virginité

Leur oncle maternel est le roi Math, qui a l’obligation, en temps de paix, de demeurer avec les pieds posés dans le giron d’une vierge, sous peine de mort. Il ne peut déroger à cette contrainte que pour aller à la guerre. L’un de ses neveux maternels, Gilfaethwy, s’éprend de Goewin la vierge « porte-pieds » et son frère, le magicien Gwydion, imagine un stratagème pour éloigner le roi de la vierge…

Sauver l’honneur d’une violée par le mariage

Gilfaethwy en profite pour violer la vierge le soir-même. De retour dans sa résidence royale, Goewin doit avouer au roi qu’elle a perdu sa virginité, et qu’elle ne peut donc plus assumer sa fonction. Le roi l’épouse pour sauver son honneur.

Enfant sans père, fils de la vague

Pour remplacer Goewin, on suggère Arianrhod, fille de Dôn et sœur de Gwydion et Gilfaethwy. Elle doit subir une épreuve attestant sa virginité, en passant sur la « baguette magique » de Math. Elle donne immédiatement naissance à deux frères jumeaux. Déesse de la fécondité, elle est la mère de Dylan Eil Ton, et du dieu suprême Lleu Llaw Gyffes, équivalent de Lug.

Le premier rejoint l’océan pour nager avec les poissons, c’est pourquoi le roi (son père ?) l’appelle Dylan Eil Ton, « Dylan fils de la vague ». L’enfant illégitime est malencontreusement tué par son oncle maternel Gofannon.

L’enfant du clan maternel, privé de mariage

Le second enfant est élevé par son oncle maternel Gwydion. Courroucée d’avoir été démasquée (elle n’était donc pas vierge), pour se venger de l’outrage, sa mère prononce trois geisa (sorts/interdits) sur l’enfant :

  1. Il n’aura pas de nom, si ce n’est celui que sa mère voudra bien lui donner ;
  2. Il ne pourra jamais porter d’armes, à moins qu’elles viennent de sa mère ;
  3. Il n’aura pas de femme humaine.

Cette attitude révèle l’importance du rôle de la femme chez les Celtes.

La puissance d’une déesse-mère anti-mariage

Macha est une déesse de la mythologie celtique irlandaise, principalement connue pour avoir été à l’origine de la faiblesse des Ulates (habitants du royaume d’Ulster) selon une malédiction qui fait suite à la vantardise de son époux « Crunnchú ». Macha est une autre représentation de la déesse Morrigan, elle a donné son nom à Emain Macha, la capitale du royaume d’Ulster.

Un mariage qui doit rester secret

Après le veuvage du fermier Crunnchú, une magnifique jeune femme vient dans son lit (probablement mariée et enlevée de force) prendre la place de son épouse, il s’agit de la déesse Macha, avatar de Morrigan. Elle lui propose un pacte : les affaires de Crunnchú seront prospères et il sera heureux tant que leur relation restera secrète. Mais lors d’une fête il ne peut s’empêcher de se vanter et affirme que sa femme court plus vite que le meilleur attelage du roi.

Droit de vie et de mort sur son épouse

Sous peine de mort, le roi l’oblige à prouver ses dires et Macha, alors enceinte, doit s’exécuter. Elle court plus vite que les chevaux du roi et à l’issue de la course elle donne naissance à des jumeaux, un garçon qui est nommé Fior (« le Véridique ») et fille, Fial (« la Pudique »).

Donner la vie : une force handicapante

Macha lance alors une malédiction sur les Ulates : à chaque fois que le royaume sera attaqué, ils deviendront aussi faibles qu’une femme en couche. Ce sort est connu sous le nom de « neuvaine des Ulates » et lors de la Táin Bó Cúailnge (« Rafle des vaches de Cooley »), Cúchulainn devra défendre seul le royaume. La capitale du royaume d’Ulster s’appelle Emain Macha (« les jumeaux de Macha ») en souvenir des deux enfants.

Un animal-totem de l’ère matriarcale

Selon Julien d’Huy, Macha, comme Mélusine, appartiendrait au type mythique de la ménagère mystérieuse. Dans de tels récits, « une femme-animal apparaît mystérieusement et s’occupe en cachette du foyer d’un homme célibataire ; celui-ci la prend comme conjointe ; le rappel de l’une des caractéristiques animales de la femme conduit à la fuite de cette dernière. » En s’appuyant sur des groupes de transformation similaires en Europe et en Amérique du Nord, transformation incluant Macha, l’auteur fait remonter ce type de récit à la préhistoire européenne.

Lire Mélusine & Pressine : fées serpents de l’ère matriarcale & mères bâtisseuses des mégalithes

La déesse-soleil pré-aryenne anti-mariage des mégalithes

Áine est, dans la mythologie celtique irlandaise, la déesse de l’amour et la fertilité. Pendant des siècles, on célébrait une fête en son honneur la veille de la Saint Jean (jusqu’au xixe siècle à Knockainy, le mont d’Áine dans le comté de Kerry).

  • Déesse de l’amour, il ne fallait pas abuser : le roi Ailill Olom de Munster, qui fut un de ses amants, essaya de la violenter. Mal lui en prit vu qu’elle se servit de ses pouvoirs pour le tuer.
  • Déesse de la fertilité, son culte fut toujours lié aux agriculteurs. Elle commandait aux récoltes et animaux.

Lors d’une célébration en son honneur, des filles s’étaient attardées. Áine apparut et leur montra une colline dont les habitantes étaient des fées visibles uniquement quand on les regardaient à travers l’anneau magique d’Áine.

Le viol du roi Ailill

C’est durant une nuit de Samhain que le roi local du nom d’Ailill se rend près du sidh enchanté. Il s’y rend avec son cheval qu’il laisse paître sur le pré entourant la colline (le sidh). Il craint cet endroit mais tente de surmonter sa peur. La nuit de Samhain (le futur Halloween) est connue pour être un moment terrible de l’année, car les portes des autres mondes s’ouvrent sur celui des hommes, laissant le libre accès à toutes les créatures surnaturelles. C’est une nuit où les gens préfèrent s’enfermer chez eux par crainte de faire de mauvaises rencontres.

Le roi Ailill se sent soudain pris d’un lourd sommeil, chose qu’il attribue à un quelconque enchantement magique car il put percevoir le son mélodieux d’une harpe. Il ne se réveillera qu’à l’aube, et constate alors que la colline et son cheval ont disparu.

Il aperçoit ensuite venant vers lui un homme d’âge mûr et sa fille (sa nièce ?) aux beaux cheveux blonds jouant de la harpe. Ailill fut soudain pris d’un désir énorme pour cette magnifique jeune dame. Il ne put pas résister et tenta de l’empoigner afin de l’attirer vers elle. Son père (oncle maternel ?) s’interposa. Le roi Ailill, comme pris de rage incontrôlable, tua d’un coup de lance l’homme qui s’était mis en travers de son chemin. Sa fille se jeta sur le corps sans vie de son père (oncle ?), folle de rage et de désespoir. Puis, elle se redressa, et dit au roi:

“Tu seras maudit pour les générations à venir. Tu perdras ton royaume et ton honneur. Le poison empliera ta bouche, et tu ne pourras plus jamais entendre le doux son de la musique. À partir de maintenant les hommes se moqueront de toi et les femmes rieront à ton passage. Tu n’auras plus jamais de repos ni de plaisir”.

Le roi Ailill prit alors sa lance afin de transpercer également la fille. Mais c’est à ce moment que cette dernière se transforma et changea son apparence en une femme mûre d’une taille gigantesque entourée d’une lumière glorieuse et resplendissante. Elle se mit à rire et dit au roi:

“Crois-tu vraiment pouvoir me tuer et m’empêcher de me lever sur l’horizon chaque matin? Et même si j’ai l’air de m’affaiblir chaque hiver, je reprends toute ma force et vigueur durant l’été suivant. Stupide mortel, ne m’as-tu donc toujours pas reconnu?!?”

Derrière cette immense et belle créature, les oiseaux venaient chanter. Et bien que ce début d’hiver lui donnait un visage quelque peu blême, froid comme la glace d’un mois de Novembre, le roi Ailill n’eut plus aucun doute. Il était face à la grande Dame Áine, la Déesse des lieux et de la clarté du soleil.

Lire La fée Mélusine, déesse des mégalithes, survivante aux invasions patriarcales indo-européennes

Des fées aux prêtresses

Dans la mythologie celtique irlandaise, une Bansidh (prononcer bannshi) est une « femme du Sidh », c’est-à-dire de l’Autre Monde, une messagère des dieux. Si la documentation nous provient essentiellement de la littérature irlandaise médiévale, cette déité est pan-celtique ; on la retrouve notamment au Moyen Âge sous le nom de banshee et en Bretagne sous le nom de Marie Morgane, dans une forme altérée par le folklore. Ne pouvant survivre en tant que telle à la christianisation, la Bansidh deviendra au niveau du folklore, une fée, une sorcière ou une guérisseuse. Les fées sont des incarnations de la Déesse-Mère ou des druidesses.

Systématiquement, les récits insistent sur leur jeunesse et leur beauté, leur irrésistible pouvoir de séduction. Leur magie est plus puissante que celle des druides pour les affaires d’amour. Elles servent d’intermédiaire entre les dieux des Tuatha Dé Danann et les hommes. Parfois elles accordent leurs faveurs à des hommes, s’ils en sont dignes, c’est-à-dire à des héros ou à des guerriers émérites, et les emmènent avec elles, dans la « Plaine des Plaisirs », Mag Meld, un autre nom du Sidh.

La fonction sacerdotale de la femme celte : les druidesses

Velleda, druidesse et guerrière

On a toujours entendu dire qu’il n’y avait pas de femmes chez les druides, seuls les hommes, étaient admis. On trouve beaucoup de controverses quand à la possibilité que les femmes aient pût, un jour être Druidesses. Cependant, dans la tradition celtique se trouvait une catégorie ouverte au, sexe féminin. Appelées BanduaidBanfhlaith ou Banfhilid, les Druidesses (tout comme les vestales Romaines) étaient gardiennes du feu. On retrouve dans le dinnsenchus de Rennes une description fort complète de leurs actions.

A l’origine, les tribus Celtes vénéraient de nombreuses divinités féminines, et des femmes étaient au service de leur culte. Enfin, à l’avènement du patriarcat, les hommes se sont attribués leurs fonctions rituelles, et ont crées la grande caste sacerdotale. Mais jamais les femmes n’abandonnèrent leur cultes, et continuèrent à servir les Déesses Celtes.

La classe sacerdotale des Celtes était ouverte aux femmes et plus particulièrement la fonction de prophétie, assumée par les vates (voir par exemple les Gallisenae de l’Île-de-Sein). Le vate, dans la société celtique protohistorique est un membre de la classe sacerdotale, au même titre que les druides et les bardes. Le vate est un devin, il s’occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine.

On observe dans la culture Druidique et dans la philosophie religieuse pré-chrétienne une prédominance de la figure féminine. Elle est un personnage central qui jouit d’une position forte. Parmi toutes ses figures, la Déesse Mère est la plus importante. Elle est le symbole de la connaissance et de la liberté, l’axe moral de la société Celte. Ce n’est pas un hasard si dans la mythologie Irlandaise la souveraineté porte les traits d’une femme. Cette mythologie comporte depuis son origine une majorité de Déesses, et toutes ses figures féminines qui présidaient à l’agriculture et aux arts ont su et sauront toujours garder leur place.

Des romains fascinés

Tacite mentionne l’existence de plusieurs femmes Druides qui vivaient sur l’île de Mona (ou Anglesey au Pays de Galles) en compagnie de guerriers celtes : ”Sur la plage, une troupe de soldats etaient cernés par un groupe de Druides qui criaient des formules et des maledictions. Les Druidesses participaient à ce rituel magique destiné à les maudire.

Selon le géographe latin Pomponuis Mela (1er sc aps J.C) les Druidesses de l’île de Sein au large des côtes d’Armorique avaient le pouvoir de “commander les flots a travers leurs chants, de se transformer en animal, de soigner les maladies les plus insidieuses et de prédire l’avenir aux gens qui leur rendaient visite”. Des documents romains témoignent de l’habileté des Druidesses, “ces femmes à la fois pretresses et prophétesses maîtrisant la magie sur les éléments”.

Des druidesses célèbres

La mythologie compte beaucoup de Druidesses: Aoife, Birog, Bodmall, Fionn, Fidelma… Le rôle de ces magiciennes est l’initiation guerrière et sexuelle des héros. Le grand Druide Gàine, qui se trouvait en réalité être une femme, est à ce titre exemplaire, car il confirme la place importante des femmes Druidesses dans la société celte et le pouvoir dont elle jouissait sur le peuple.

Velléda fut une Druidesse-prophétesse de la tribu des Bructères (tribu d’origine teutonique) qui vécue à l’époque de l’empereur Vespasien (69-79 après J.C). Elle dominait un vaste territoire et était l’objet d’une profonde vénération. Son rôle oraculaire était si important que son influence s’étendait jusqu’à la sphère politique.

Tacite disait encore « qu’il était interdit a quiconque d’approcher Velleda ou de s’adresser à elle, comme pour souligner la vénération qui lui etait due. Elle restait emmure dans une haute tour, d’ou un membre de sa famille tachait de transmettre les questions et les réponses, comme s’il agissait d’une meditation entre une Déesse et une adoratrice. Beaucoup l’on tenue longtemps pour une divinité. Mais avant elle, ils ont aussi vénéré Aurinia et bien d’autres encore. Ce n’était pas par flagornerie ni d’en l’idée d’en faire des Déesses. »

Dans la mythologie celtique irlandaise, Tlachtga est une druidesse (bandrui, ce qui signifie « femme-druide »), réputée pour la puissance de sa magie. Scathach Uanaind est une magicienne puissante et redoutable qui demeure en Écosse, certains textes évoquent l’île de Skye. Selon le récit Le meurtre du fils unique d’Aifé, Scathach est aussi la sœur d’Aífé (fille d’Ardgeimm). Elle-même initiatrice des plus valeureux guerriers, experte en magie, dans l’art de la guerre et du sexe, elle commande une bande de femmes qui éduquent les héros. Aífe est à la fois une magicienne (druidesse) et une guerrière qui réside en Écosse. Elle est en guerre avec Scáthach pour le commandement d’une armée de femmes. Le héros Cúchulainn la vainc lors d’un affrontement et lui demande de respecter trois vœux : faire la paix avec sa rivale, accepter la suprématie de Scáthach et lui accorder « l’amitié de sa hanche », ce qui donnera naissance à un fils, Conla (ou Conlaech).

Et pour finir, une description de Fidelma dans le Tain, la saga Irlandaise : « Elle avait les cheveux blonds. Elle etait enveloppee dans un manteau aux couleurs bigarrees ferme par une broche en or, et portait une tunique rouge couverte de broderies et dotee d’une capuche, ainsi que des sandales aux fermoirs dores. Son front etait large, son menton fin, la courbe de ses sourcils etaient noire et elle avait des cils noirs delicats qui jetaient une ombre sur son visage jusqu’au milieu de ses joues. Si tu l’avais vue, tu aurais cru que ses levres etaient rouges sang. Ses dents etaient comme une rangee de bijoux entre ses levres. Elle rassemblait ses cheveux en trois tresses, deux d’entre elles entouraient sa tete, tandis que la troisieme descendait le long de son dos et venait caresser ses mollets. Elle tenait dans une main un baguette legere de formes entrelacees et sertie d’or. Ses yeux avaient trois iris. Des chevaux noirs trainaient son char, et elle même etait armée. »

La vache primordiale dans les mythes européens

Dans la mythologie nordique, Audhumla (Audhumblaen vieux norrois) est la vache nourricière du premier être vivant : le géant Ymir. Elle est née de la glace et de l’aurore du temps. De ses trayons coulaient quatre rivières de lait qui nourrissaient Ymir.

Lire Paganisme matriarcal germain : la déesse-mère totémique face aux nouveaux dieux-pères aryens

Dans la mythologie celtique irlandaise, Boann (ouBoand) est un des aspects de la grande divinité féminine des Celtes ; son nom (*bo-vinda) qui signifie « (celle) qui procure des vaches » en fait une représentation de la prospérité. Elle prend aussi le nom de la Boyne (ou Boinn), le fleuve homonyme. Les autres aspects de cette déesse primordiale sont Brigit et Étain, cette dernière dont le nom signifie « poésie », fait partie des Tuatha Dé Danann.

Sacrifice de la déesse adultère pour la création du monde patriarcal

Boann est l’épouse d’Elcmar, le frère du Dagda, dont elle devient la maîtresse. Pour réparer sa relation coupable, elle se baigne dans l’eau lustrale et mortelle de la source Segais, dans laquelle elle perd un bras, une jambe et un œil. Dans sa fuite vers l’océan elle devient la rivière Boyne. La mort de Boann engendre les eaux cosmiques qui irriguent tous les mondes connus.

La déesse polyandre des sources et des rivières

Dans la mythologie celtique gauloise, Damona (aussi appelée Bormona), est généralement la parèdre du dieu Borvo (romanisé en Bormonus). Borvo a une fonction de guérisseur par les eaux, Damona est la déesse des sources et des rivières. Elle est localement associée avec la source thermale de Bourbonne-les-Bains.

Si Damona apparaît fréquemment aux côtés de Borvo, elle est parfois représentée en compagnie du dieu Moritasgus (Alise-Sainte-Reine), du dieu Bormo(Bourbon-Lancy) ou du dieu Albius (Aignay-le-Duc) ou bien avec plusieurs d’entre eux à la fois (Bourbonne-les-Bains), et plus tardivement avec Apollon, ce qui lui laisse supposer un caractère polyandre. Les dieux gaulois n’ont pas originellement de parèdre, et l’on trouve Damona représentée seule à plusieurs occasions (Bourbonne-les-Bains, Rivières).

Le blé fertile et le serpent de la guérison

Tout comme Sirona, elle apparaît souvent avec un épi de blé et un serpent ; symboles que l’on présume liés à la fertilité et à la guérison, respectivement. Pour Albert Grenier, « Ces déesses n’ont guère de caractère propre ; elles ne semblent que la personnification féminine de la divinité à laquelle elles sont associées ».

Les sources curatives de la déesse

Les lieux de cultes à la déesse sont le plus souvent des sources au pouvoir curatif. Les quatre inscriptions de Bourbon-Lancy indiquent qu’elle a la faculté de visiter le pèlerin en rêve et de le guérir. Mais le plus souvent il est invité à se baigner dans l’eau de la source. Son culte est attesté dans une zone correspondant à la Bourgogne actuelle ainsi qu’en Charentes (Inscription lapidaire de Saintes).

La Grande Vache Sacrée

Son nom qui signifie « Grande Vache » (du gaulois damo : bœuf), est à rapprocher de Boand, la déesse de la prospérité, des Tuatha Dé Danann, dans la mythologie celtique irlandaise. Son équivalent en Grande-Bretagne est Arnemetia dont le nom signifie « celle qui est dans le sanctuaire » ; la racine nemet, qui a le sens de sacré, se retrouve dans Nemed et Nemeton.

Lire Tauromachie et Veau d’Or : le dieu taureau fertile agricole, compagnon de la déesse-mère néolithique

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20/03/2016
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