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Syrie, option Kosovo au Proche-Orient

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    par Manlio Dinucci        

      Washington envisage de bombarder la Syrie et le fait savoir. Le prétexte du jour, c’est l’usage de gaz de combat pour réprimer son opposition. Des vidéos circulent qui montrent des blessés      souffrant d’asphyxie, mais n’ayant pas les symptômes caractéristiques de personnes intoxiquées par ces gaz. Pour Manlio Dinucci, cette propagande n’est pas crédible, mais rend possible une      intervention de l’Alliance, que seul le président Obama peut décider.    

| Rome (Italie) | 27 août    2013 JPEG - 24.1 koLe général Lloyd J. Austin III, commandeur du CentCom              

      Un homme suspecté de vouloir accomplir un homicide, choisit pour le mettre à exécution le moment où la police entre chez lui. C’est ce qu’aurait fait le président Assad, en dégainant l’attaque      chimique au moment où les inspecteurs de l’Onu arrivent pour effectuer leur enquête sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. Les « preuves » ont été exhibées par les       « rebelles », dont le centre de propagande à Istanbul, organisé par le département d’État états-unien, confectionne les vidéos fournies aux médias mondiaux.    

           

      Ayant désormais « bien peu de doutes » que c’est Assad le coupable et jugeant « tardive pour être crédible » l’enquête de l’Onu, le président Obama est en      train d’évaluer une « riposte » analogue à celle du Kosovo, c’est-à-dire à la guerre aérienne lancée sans mandat de l’Onu par l’Otan en 1999 contre la Yougoslavie, accusée de       « purification ethnique » au Kosovo.    

           

      À cette fin, le Pentagone a convoqué en Jordanie, les 25-27 août, les chefs d’état-major de Canada, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Turquie, Arabie Saoudite et Qatar. En Jordanie      les USA ont déployé des chasseurs bombardiers F-16, des missiles terre-air Patriot et environ un millier de militaires qui entraînent des groupes armés pour la       « guerre secrète » en Syrie.    

           

      Selon des informations recueillies par Le Figaro, un contingent de 300 hommes, « sans doute épaulé par des commandos israéliens », a été infiltré en Syrie depuis la      Jordanie le 17 août, suivi par un autre deux jours après. Ils s’ajoutent à ceux, nombreux, déjà entraînés en Turquie. En majorité des non-Syriens, provenant d’Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie,      Libye et autres pays, appartenant en général à des groupes islamistes dont certains sont classés terroristes à Washington. Ils sont approvisionnés en armes, provenant notamment de Croatie, par      un réseau international organisé par la CIA.    

           

      Sous la chape de la « guerre secrète » rien de plus facile que de doter quelques groupes de têtes chimiques, à lancer avec des fusées sur des civils pour ensuite filmer le      massacre en l’attribuant aux forces gouvernementales. On crée ainsi le casus belli qui justifie une escalade ultérieure, jusqu’à la guerre aérienne, étant donné que la guerre menée à      l’intérieur n’arrive pas à faire tomber l’État syrien. Cette option, motivée par l’imposition d’une « zone de non-survol », prévoit un lancement massif de missiles de      croisière, plus de 70 dans la première nuit, joint à des vagues d’avions qui larguent des bombes à guidage satellitaire en restant hors de l’espace aérien syrien.    

           

      Les préparatifs ont commencé non pas après, mais avant la présumée attaque chimique. En juillet a été déployé le groupe d’attaque du porte-avions états-unien Harry Truman, comprenant      deux croiseurs et deux contre-torpilleurs lance-missiles ayant à bord des unités des Marines, qui opère dans les aires de la Sixième et de la Cinquième Flotte. Un autre contre-torpilleur      lance-missiles, le Mahan, au lieu de rentrer à son port d’attache en Virginie, est resté en Méditerranée aux ordres de la Sixième Flotte. La Marine US a ainsi à elle seule déjà      positionné cinq unités navales, plus quelques sous-marins, en mesure de lancer sur la Syrie des centaines de missiles de croisière. Les chasseurs-bombardiers sont prêts à décoller aussi des      bases en Italie et au Proche-Orient.    

           

      Aux forces aéronavales états-uniennes se joindraient, toujours sous commandement du Pentagone, celles des participants à la réunion en Jordanie (Italie comprise) et d’autres pays.    

           

      La Syrie dispose cependant d’un potentiel militaire que n’avaient pas la Yougoslavie et la Libye, dont plus de 600 installations anti-aériennes et des missiles de portée allant jusqu’à      300 kms. La guerre s’étendrait au Liban et à d’autres pays proche-orientaux, déjà impliqués, et compliquerait ultérieurement les rapports de Washington avec Moscou.    

      C’est là-dessus qu’on est en train de réfléchir à Washington, tandis qu’à Rome on attend les ordres.    

Manlio Dinucci    

    Traduction Marie-Ange Patrizio  

    Source Il Manifesto (Italie)  

       

    Source : « Syrie, option Kosovo au Proche-Orient », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 27    août 2013, www.voltairenet.org/article179934.html



28/08/2013
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