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Anatomie du Corps de Dieu

 

 

Frater Achad

Anatomie du Corps de Dieu : chapitre I

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Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 26 juillet 2019

Anatomie du Corps de Dieu : chapitre I, par Frater Achad. 

Au Nom de l’Unique, par la Grâce du Dieu Tri-Un & par la Faveur & le Mandat du Fils Toujours Naissant, je vais à présent tenter d’exposer ce qui m’a été révélé.

Primo, laissez-moi exposer ma conviction que cet Univers est l’Œuvre Parfaite d’un Être Parfait, & que toutes les imperfections apparentes ne sont dues qu’aux limites de notre conscience finie, afin que même celles-ci contribuent à une plus grande Perfection du Tout.

Secundo, je crois qu’il existe un Ordre Suprême & Parfait en toutes choses, en dépit de tout désordre apparent qui, à nouveau, n’est que le résultat des restrictions en l’homme lui-même.

Tertio, l’essence de l’Ordre consiste en un parfait ajustement des parties pour le bien du Tout, afin que ce qui est le plus complexe soit le plus parfait ; mais cette complexité même est due à la combinaison de quelques Idées Ultimes qui construisent la Pensée Unique de l’Être Suprême.

Je suis enclin à croire que la perfection de l’Univers est progressive, à un tel point que le Tout peut s’étendre & devenir de plus en plus complexe & de plus en plus grand tout en restant en accord avec l’Ordre Unique qui prévaut dans la moindre parcelle de ses atomes jusqu’à sa vaste & inconcevable circonférence. Je suis enclin à croire que cet univers fini n’est pas sphérique, bien que tendant toujours à le devenir tandis que sa substance se matérialise. En d’autres mots, que la Lumière précède la Vie qui est Sa Substance, & que la Vie précède la Matière qui est Sa substance. Ainsi, les rayons de Lumière peuvent se propager sous la forme d’une Étoile tandis que la Vie toujours en devenir & la substance matérielle tendent à s’étendre sous la forme d’une Sphère. Les rayons projetés, pour ainsi dire, ramènent le Chaos primordial plus facilement que ne le ferait une simple sphère qui s’étendrait uniformément dans toutes les directions. Cette conception implique au moins une possibilité que je vais à présent démontrer.

Il y a un autre point important que je voudrais mentionner. Le Monde Spirituel des Idées est un Ordre Parfait ; le Monde Matériel de la Substance est un Ordre Parfait ; l’Âme du Monde & de l’Homme qui en est le résultat est capable d’appréhender cet Ordre Parfait.

Et, de même, l’esprit de l’Homme est parfait, son corps est fait à l’Image & à la Semblance de Dieu & de l’Univers, mais son âme, possédant en son sein le pouvoir du choix personnel, ou volonté, qui seul lui permet de progresser de manière libre & intelligente, est en même temps susceptible de se susciter des distorsions si la volonté personnelle est mal utilisée ou restreinte. En ce cas, l’Œil de l’Âme voit des choses en dehors de leurs proportions & ordres, & cet astigmatisme doit alors être corrigé. Autrement, l’homme est dans l’illusion, auto-générée, qui, cependant, en aucune manière ne peut interférer avec l’Ordre Véritable de l’Univers, mais tend simplement à le confiner & l’empêcher de jouir de son héritage dans toute sa plénitude.

Ainsi, le Grand Œuvre de l’Homme consiste en l’ajustement de l’âme, ou de la Sphère Intellectuelle, afin qu’elle porte une parfaite ressemblance & correspondance avec l’Ordre Matériel & Naturel de l’Univers &, en même temps, manifeste sa relation avec l’Ordre Suprême ou Archétypal. Cette possibilité de distorsion dans l’âme l’a plongée dans les pires troubles, mais à moins que cette âme ne soit plastique, elle ne peut s’étendre & assumer le Plan du Grand Univers. L’œuvre de l’homme consiste en la construction de son âme aux moyens de sa volonté personnelle & de l’imagination créatrice, sous la direction & la guidance de la Volonté de l’Univers, dans le même Schéma Universel qui doit être découvert dans la Pensée Unique de Dieu.

Mais comment l’homme trouvera-t-il ce Plan sur le Tréteau du Grand Architecte ? Il peut toutefois essayer intelligemment de le faire, ainsi que nous désirons le montrer.

Puisque l’Ordre Parfait consiste en une juste relation ; un ajustement & un ratio corrects de toutes les parties dans la subordination des Idées du Tout, nous devons tout d’abord considérer quelques-uns des prérequis nécessaires à cet Ordre.

L’Arbre de Vie des kabbalistes a été appelé le « Minutum Mundum » ou « Petit Univers » & les étudiants de la Kabbale sont conscients que ce système possède de plus grandes possibilités qu’une simple classification de chaque chose au sein de l’Univers, ou idée dans l’esprit de l’homme. L’Univers, pour chacun de nous, consiste en ce que nous sommes capables d’appréhender de lui. Certains se satisfont de se sentir unis avec une partie très limitée de l’Univers ; d’autres réalisent que s’ils pouvaient, ne fût-ce qu’une seule fois, appréhender le Véritable Plan, tout pourrait alors être compris spirituellement. Mais ce Plan a été perdu, ou du moins il semble l’être.

LIRE  Qabbale du Beith

Dans le Livre IV, Partie III nous pouvons lire : « Un excellent homme de grande intelligence, un kabbaliste instruit, surprit un jour Frater Perdurabo en disant que l’Arbre de Vie était le schéma de l’univers. C’est comme si quelqu’un soutenait que le chat était une créature construite par la disposition des lettres C-H-A-T dans cet ordre. Il n’y a pas de doute que la Magick a excité le ridicule & la stupidité, puisque même des étudiants éduqués peuvent être coupables de si patentes violations des premiers principes du sens commun ».

Je peux dire que je n’ai pas la moindre idée de qui était cet excellent homme & que j’ai un grand respect pour les idées de Frater Perdurabo, mais, au risque de tomber dans le même vice que ce « guerrier inconnu », je romprai pour une fois avec Frater Perdurabo sur ce point, avant que ce traité ne soit terminé.

En attendant, laissez-moi renvoyer les étudiants de la Sainte Kabbale aux schémas divers de l’Arbre de Vie qui peuvent être en leur possession.

Examinons, par exemple, ceux que l’on trouve dans l’Introduction à l’Étude de la Kabbale de Westcott, dans la traduction de la Kabbala Denudata de Mathers[1], dans Morales & Dogmes de Pike, dans Ancients Faiths de Inman, dans The Equinox Volume Un, Numéro 2, page 243, dans Doctrine & Littérature de la Kabbale de Waite, dans le traité de Ginsburg sur le sujet, dans le frontispice du Liber 777, etc., & nous remarquerons une chose vraiment frappante : ils varient tous grandement dans leurs proportions. Quelques-uns, comme nous le verrons, sont allongés & fins, d’autres courts & étriqués. Seul le 777 donne un Arbre bien proportionné.

Il semblerait que cet aspect important de la proportion n’ait reçu que peu ou pas d’attention du tout par le passé. Mais, laissez-moi à nouveau vous renvoyer à l’antique Sefer Yetsirah (comme je le fis pour la disposition des Sentiers dans Q.B.L.) ; nous pouvons y lire « Fixe le Plan en sa Pureté» afin de «replacer la Puissance Formatrice sur Son Trône», ou de « restaurer l’Outil de l’Ouvrier en Son Lieu».

L’auteur de ce vieux traité ne faisait-il qu’utiliser des mots creux, ou voulait-il dire exactement ce qu’il écrivait ? Il est possible qu’il ne sût pas comment le faire lui-même, puisque le manuscrit du Sefer Yetsirah ne contient aucun diagramme de l’Arbre de Vie ; mais, dans tous les cas, nous pouvons au moins essayer de suivre ses indications & tenter, si possible, de découvrir plus avant la Lumière à partir de l’étude des véritables proportions de l’Arbre.

La formation de l’Arbre de Vie est entièrement géométrique & comme on peut s’y attendre, nous trouvons les plus simples éléments de la géométrie à sa base : le Point, la Ligne, le Cercle, le Triangle & les Figures à angles droits.

La méthode adéquate pour trouver les centres corrects des Dix Sephirot, & donc les Points connectés par les Sentiers, est comme suit : sur une ligne verticale, tracez avec un angle de compas inchangé quatre cercles, le centre de chacun de ceux-ci étant la ligne, le point où l’arc supérieur du cercle inférieur coupe la ligne formant le centre du cercle du dessus et ainsi de suite[2].

Donc :

Anatomie du Corps de Dieu : chapitre I

Figure 1

Le centre du cercle supérieur donne le Point Central de Kether, les intersections du premier & du second cercle, les centres de Hokhmah & de Binah (les intersections du second & troisième cercle forment le centre de Hessed & de Guebourah), le centre du troisième cercle est Tiphereth, les intersections du troisième & du quatrième cercle indiquent le centre de Netzach & de Hod, le centre du quatrième cercle est Yessod & le point inférieur de cette intersection avec la ligne verticale est Malkhut.

Cette méthode produit une Figure parfaitement proportionnée de l’Arbre de Vie & les Sentiers peuvent être dessinés en joignant les divers points. Ainsi :

Anatomie du Corps de Dieu : chapitre I

Figure 2

Dans la Franc-Maçonnerie, la Géométrie est considérée comme « la première & la plus noble des Sciences » & comme « le commencement de tout enseignement». L’Une des figures les plus simples est produite par l’intersection de deux cercles, formant ainsi ce qui est connu sous le nom de Vesica Piscis[3].

Les curieuses & merveilleuses propriétés de la Vesica Piscis & du Rectangle formé par sa longueur & sa profondeur, ont été l’objet de profondes spéculations &, peut être nulle part ailleurs n’ont elles été mieux décrites que dans le Magister Mathesios par notre Frère Sydney T. Klein[4]. Je suis certain qu’il ne verra aucune objection si je cite quelques passages de son œuvre[5], qui a ouvert mes yeux à merveilleux paysages.

LIRE  Une Lettre Privée de Parzival

Après avoir discuté des propriétés du Carré maçonnique, obtenu par le triangle rectangle au moyen des mesures 3, 4 & 5 de côté, il souligne qu’une vague d’enthousiasme doit avoir submergé le monde lorsque l’on a découvert cette géométrique manière de créer un angle droit tel que donné par Euclide I, 11 est basée sur un triangle équilatéral obtenu par la jonction du vertex avec le centre de la base.

« Ce Triangle équilatéral» écrit-il, « était le plus ancien symbole, en connexion avec le Vesica Piscis, que nous connaissions du Logos Divin &, comme la Bible a déclaré que l’univers fut créé par le Logos, ainsi est formée la Loge qui représente l’univers qui fut créé naturellement au moyen du Triangle équilatéral. Un grand mystère doit être apparu à ceux qui, comme les philosophes grecs, postulèrent que tout sur Terre a sa contrepartie dans les cieux, & qui, dans leur mysticisme religieux, cherchèrent toujours les signes de la transcendance dans l’environnement temporel.

Mais en quels respect & révérence durent-ils tenir la Géométrie lorsqu’ils trouvèrent que le Triangle équilatéral était lui-même généré, comme dans le premier problème d’Euclide sur lequel repose toute Science de la Géométrie, par l’intersection de deux cercles.

Cette figure n’était pas seulement regardée comme un symbole de la Trine Personne Divine, mais comme partie de la figure qui est limitée par les arcs de deux cercles & qui prend elle-même un tiers de chaque cercle qui la génère & dans lesquels le triangle est formé, était naturellement tenue de temps plus anciens comme le plus sacré des Emblèmes chrétiens, celui de la régénération ou de la nouvelle naissance. On l’a nommée Vesica Piscis (Vessie de Poisson) pour les mêmes raisons qui menèrent le Rabbi Maïmonides, au douzième siècle alors qu’il traitait d’un pareil sujet religieux, à recommander à ses étudiants : “Lorsque vous avez découvert la signification, ne la divulguez pas, car les gens ne peuvent philosopher ou comprendre que pour l’infini il n’existe pas de sexe.”

figure 3

Figure 3

Le Vesica Piscis est intimement connecté avec la découverte par Auguste César, telle que narrée par Baronius, d’une prophétie dans un livre sibyllin prévoyant un grand événement à venir qui passera par la naissance d’Un qui sera le véritable Roi des Rois & qu’Auguste dédia alors un autel en ce lieu au “Dieu Inconnu”. »

Frère Klein continue alors en démontrant comment le Vesica Piscis était le fondement véritable de l’Architecture gothique, & que son influence compte dans le changement soudain du style normand, qui était basé sur les propriétés du carré plutôt que du triangle.

figure 4

Figure 4

Il divulgue ensuite de grandes merveilles du Vesica Piscis & souligne : « Le rectangle formé par la longueur & la profondeur de cette mystérieuse figure en sa forme la plus simple a plusieurs qualités extraordinaires; il peut être coupé en trois parties égales, par des lignes directes comme suit » :

Anatomie du Corps de Dieu : chapitre I - figure 5

Figure 5

Et ces parties seront précisément & géométriquement similaires l’une par rapport à l’autre ainsi qu’à la figure dans son ensemble, ce qui s’applique étrangement au Symbolisme rattaché à la Trinité en l’Unité, & cette subdivision peut être étendue indéfiniment sans en changer la forme ; quel que soit le nombre de fois que cette opération est effectuée, les parties restent identiques à la figure originale, conservant toutes ses propriétés extraordinaires, & aucun autre rectangle ne peut détenir cette curieuse propriété. Il peut aussi être coupé en quatre parties égales par des lignes droites parallèles aux deux côtés, & à nouveau chacune de ces parties sera exactement similaire l’une par rapport à l’autre ainsi qu’à l’ensemble, & le processus peut être reproduit indéfiniment, le triangle équilatéral apparaissant partout :

Anatomie du Corps de Dieu : chapitre I - figure 6

Figure 6

« Une fois encore, si deux de ces tri sous-divisions sont prises individuellement, la forme de celles-ci est exactement similaire géométriquement à la moitié de la figure, & le triangle équilatéral apparaît à nouveau partout dans les deux divisions ».

LIRE  Manifeste Chaotico-spartakien !

figure 7

Figure 7

« Dans la figure ci-dessus, j’ai opéré une tri-sous-division au sixième degré, & afin d’aider l’œil j’ai marqué par des lignes plus grasses l’une de ces divisions dans chaque degré. À nouveau, la diagonale est exactement du double de la longueur de son côté le plus petit, caractéristique tout aussi unique & qui approfondit son utilisation, afin de découvrir les dessins & cette propriété est, bien sûr, toujours bonne pour tous les rectangles formés par chaque sous-division, mais peut-être que sa plus mystérieuse propriété pour ceux qui ont étudié la géométrie, & pour qui cette figure était un Symbole de la Divine Trinité dans l’Unité, était le fait qu’elle mettait entre leurs mains les moyens de découper un triangle en trois parties égales par les angles droits. Les trois grands problèmes du Moyen-Age étaient “la duplication d’un cube”, “la quadrature du cercle” & “la trisection d’un angle”, même Euclide fut incapable de démontrer comment le faire, & cependant on voit que la diagonale A-B de la quatrième figure & la diagonale A-E de la figure qui suit, trisectionne, en fait, l’angle D-A-C. Il est vrai que cela démontre uniquement comment trisectionner un angle, mais c’est l’angle qui représente le Métier & il est créé par le triangle équilatéral. Toutes ces propriétés uniques placent cette figure bien au-dessus de celle du carré pour le travail pratique, car, même lorsque la diagonale d’un carré est donnée, il est impossible de trouver la longueur exacte d’un de ses côtés, ou vice versa. »

J’ai cité le Frère Sydney Klein in extenso afin de lui rendre crédit pour son œuvre détaillée quant à cette matière importante, & j’ai ainsi donné au lecteur une idée claire des possibilités uniques de ces symboles, aussi bien que de leur profonde signification religieuse & de l’effet réel que leur application pratique produit sur toutes les architectures de la période gothique. Sur cette base, nombre des plus importantes cathédrales & églises furent érigées, & leur beauté ne peut être niée. Lorsque nous comparons quelques-unes des plus belles structures gothiques avec les pyramides, par exemple, nous ne pouvons que remarquer la différence ; mais après tout, la pyramide est une véritable structure symbolique dans tous ses détails, alors que la cathédrale gothique ne nous dévoile qu’une partie de la vérité.

Imaginez ma joie débordante lorsque j’ai découvert que cet antique Arbre de Vie kabbalistique, avec toutes ses merveilleuses possibilités comme moyen de clarification mentale de chaque idée dans l’Univers — Naturel, Humain & Divin — était, dès le départ, entièrement basé sur le même principe fondamental du Vesica Piscis, & n’était, par conséquent, pas un dessin figé, mais capable d’une progression infinie vers l’Infiniment Petit ou l’Infiniment Grand. Car il peut être tracé de telle manière qu’il apparaît avec tous ses détails & propriétés, se répétant eux-mêmes indéfiniment dans toutes directions de l’Espace de l’Infini.

Imaginez ce que cela signifie pour un kabbaliste qui a arrangé toutes les idées en son esprit, en un ordre bien équilibré, de découvrir un moyen de perpétuer dans la pensée toutes ces Idées, & d’être capable de réaliser que l’Arbre de Vie sur lequel elles sont basées est un ARBRE VIVANT, avec ses Racines dans l’Infiniment Petit & ses Branches & Fruits s’étendant jusqu’aux plus lointaines Limites de l’Univers.

Voici la nature de la découverte, ou révélation, qui me vint le 14 avril, & qui sera la base de nos études & recherches qui vont suivre.

Lire la suite, chapitre 2.

Anatomie du Corps de Dieu : chapitre I, traduction française par Spartakus FreeMann, 2005-2016 e.v.

Notes :

[1] Traduction française de Spartakus FreeMann disponible sur Lulu.com.

[2] Cette méthode me fut enseignée il y a quelques années par Frater Nubem Eripiam, qui prétendait l’avoir découverte. Cette méthode de construction telle que donnée par le Liber 777, bien que produisant un arbre parfaitement proportionné, ne montre pas les cercles qui le génèrent.

[3] Le vesica piscis est l’intersection de deux cercles de même diamètre dont le centre de chacun fait partie de la circonférence de l’autre. Le nom veut dire littéralement en latin la « vessie du poisson ». Cette figure est aussi appelée mandorle (NDT).

[4] « Magister-Mathesios » par S.T. Klein in ARS QUATUOR CORONATORUM n°23, 1910 (NDT).

[5] Op. cit., vol. XXIII, 1910, pp. 107-151.

 

Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 30 mai 2019

Sepher Yetzirah par Wynn Westcott. 

Le Sepher Yetsirah, ou Livre de la Formation, est peut-être l’un des plus anciens traités rabbiniques de philosophie Kabbalistique qui nous soient parvenus. L’intérêt majeur pour la Kabbale hébraïque, ses modes de pensée & ses doctrines ayant diminué ces dernières années, ceci m’a poussé à traduire des traités à partir du texte hébreu original en leur adjoignant les versions latines des maîtres médiévaux ; j’ai également publié une Introduction à la Kabbalah qui peut être d’un certain intérêt pour les étudiants.

Sepher Yetzirah, introduction de Wynn WestcottTrois livres importants du Zohar, ou Livre de la Splendeur qui constitue une source majeure d’enseignements kabbalistiques, ont été traduits en anglais par S.L. MacGregor Mathers ; le Sepher Yetsirah en version anglaise est un compagnon presque incontournable de ces dissertations : en réalité, les deux livres s’expliquent mutuellement.

Le Sepher Yetsirah, bien que son nom signifie « Livre de la Formation », n’est en aucune manière une narration de la Création, ou un substitut à la Genèse, mais c’est un antique et instructif livre philosophique traitant d’un aspect de l’origine de l’univers et de l’humanité, un aspect archaïque & essentiellement hébreu. La réunion des processus de la création en un arrangement à la fois alphabétique et numéral ne se retrouve que chez les auteurs sémitiques.

L’attention doit être attirée vers cette particularité essentielle de la langue hébraïque : l’inextricable et nécessaire association des lettres et des nombres, chaque lettre suggérant un nombre & chaque groupe de lettres véhiculant une signification numérique aussi cruciale que sa signification littérale.

Les principes kabbalistiques consistant en un renversement des lettres hébraïques et leur substitution par d’autres selon des combinaisons définies doivent également être étudiés et gardés à l’esprit. C’est sur ces principes que l’initiative de « travail sur le terrain » de cette dissertation repose. Ces principes se retrouvent au fil des traités kabbalistiques qui se sont succédés dans le temps, nombre d’entre eux étant collectés dans un unique volume connu comme le Zohar, ouvrage traitant principalement des dignités essentielles de la Divinité, des Émanations qui en sont issues, de la doctrine des Sephiroth, des figures du Microprosope et du Macroprosope et de la doctrine de la réincarnation.

Le Sepher Yetsirah, quant à lui, traite essentiellement de notre univers et du Microcosme. A ce sujet, les opinions des rabbins kabbalistes hébreux et de mystiques contemporains doivent être brièvement examinées.

L’intéressante citation qui suit est de Rabbi Moïse Botarel qui a écrit son fameux Commentaire en 1409 : « C’est Abraham notre Père – béni soit-il – qui a écrit ce livre afin de condamner la doctrine des sages de son temps qui étaient incrédules quant au dogme suprême de l’Unité. Du moins, ceci était l’opinion de Rabbi Saadiah – béni soit-il – comme cela est écrit dans le premier chapitre de son livre La Pierre des Philosophes. Voici ses propres mots : Les sages de Babylone attaquèrent Abraham sur sa foi ; car ils étaient contre lui alors qu’eux mêmes étaient divisés en trois sectes. La première pensait que l’Univers était sujet au contrôle de deux forces opposées, l’une n’existant que pour détruire l’autre, ceci est le dualisme ; les dualistes tiennent qu’il n’y a rien de commun entre l’auteur du mal et l’auteur du bien. La seconde admettait Trois Grandes Puissances ; deux d’entre elles comme dans le premier cas et une troisième Puissance dont la fonction était de donner raison à l’un ou à l’autre, un arbitre suprême. La troisième secte ne reconnaissait aucun dieu hormis le Soleil, dans lequel elle reconnaissait l’unique principe de l’existence. »

Rabbi Judah Ha Levi (qui naquit vers 1120), dans sa description critique de ce traité, écrivait : « Le Sepher Yetsirah nous enseigne l’existence d’un Unique Pouvoir Divin en nous démontrant que dans la variété et la multiplicité il y a Unité et Harmonie, et qu’une telle concorde universelle ne peut provenir que du règne d’une Unité Suprême ».

LIRE  Idra Rabba Kadisha – Zohar, III, 127b – 145a [3]

Selon Isaac Myer dans sa Qabbalah (p.159), allusion est faite au Sepher Yetsirah dans les écrits d’Ibn Gebirol de Cordoue, communément appelé Avicebron, qui mourut en 1070 de notre ère.

Eliphas Levi, le célèbre occultiste français, écrivit du Sepher Yetsirah, dans son Histoire de la Magie, p.54 :

« Le Zohar est une source d’illumination, le Sepher Yetsirah est une échelle formée de vérités. En lui sont expliqués les 32 signes absolus des sons, nombres et lettres : chaque lettre reproduit un nombre, une idée et une forme ; afin que les mathématiques soient à même de fournir des applications aux idées et aux formes non moins rigoureuses qu’aux nombres, par une exacte proportion et une correspondance parfaite. Par la science du Sepher Yetsirah l’esprit humain est fixé sur la vérité, et la raison, et il est capable de prendre en compte les développements possibles de l’intelligence par les évolutions des nombres. Le Zohar représente la vérité absolue, & le Sepher Yetsirah fournit les moyens de l’atteindre, de se l’approprier et de l’utiliser ».

À un autre endroit, Eliphas Levi écrit :

« Le Sepher Yetsirah & l’Apocalypse sont les chefs-d’œuvre de l’Occultisme ; ils contiennent plus de sagesse que de mots ; leur expression est tout aussi figurative et poétique, et en même temps aussi exacte que les mathématiques ».

Dans le volume titré La Kabbale de l’éminent universitaire Adolphe Franck, il y a un chapitre sur le Sepher Yetsirah. Il écrit ce qui suit :

« Le Livre de la Formation contient, je ne dirais pas un système physique, mais une cosmologie qui a pu être conçue à une époque et dans un pays habitué à expliquer tous les phénomènes par une action directe de la Cause Première […] Sa forme est simple et grave; il ne s’y trouve aucune démonstration ou argument, mais il consiste plutôt en une série d’aphorismes, soigneusement groupés et qui ont tous la concision des plus anciens oracles ».

Dans son analyse du Sepher Yetsirah, il ajoute :

« Le Livre de la Formation, même s’il n’est pas très volumineux, et s’il ne nous élève pas non plus vers les régions les plus hautes de la pensée, nous offre cependant un composition très homogène & d’une rare originalité. Les nuages que l’imagination du commentateur ont réuni autour de lui, seront dissipés, si nous y cherchons, non pas les mystères de l’ineffable sagesse, mais un essai de doctrine raisonnée, construite sur l’entendement, un effort pour comprendre le plan de l’univers et cerner le lien entre le principe commun et tous les éléments qui sont autour de nous ».

« Le dernier mot de ce système est la substitution de l’Unité divine absolue à toute idée de Dualisme, contre cette philosophie païenne qui voyait dans la matière une substance éternelle dont les lois n’étaient pas en accord avec la Volonté Divine, et contre la Doctrine biblique, qui par l’idée de Création postule deux choses, l’Univers et Dieu en tant que deux substances absolument distinctes l’une de l’autre ».

« En fait, dans le Sepher Yetsirah, Dieu considéré comme Infini et conséquemment Être indéfinissable, étendu en toutes choses par son pouvoir et son existence, bien qu’au-dessus d’eux, n’est pas en-dehors des nombres, sons et lettres – les principes et lois générales que nous reconnaissons ».

« Chaque élément a sa source dans une forme plus élevée, et toutes les choses ont leur origine commune dans le Verbe (Logos), le Saint Esprit… Ainsi Dieu est à la fois, dans le sens le plus élevé, la matière et la forme de l’univers. Bien qu’Il ne soit pas seulement cette forme : car rien ne peut exister ou existe en dehors de Lui ; Sa substance est le fondement de tout, et toutes choses portent Son empreinte et sont des symboles de Son Intelligence ».

LIRE  Le Palmier de Déborah 1

La tradition hébraïque accorde aux parties les plus anciennes parties du Zohar une date antérieure à la construction du Second Temple, mais Rabbi Siméon bar Yochaï, qui a vécu sous le règne de l’empereur Titus vers 70-80 de notre ère, est considéré comme l’auteur de ces écrits & Rabbi Moïse de Léon, de Guadalaxara en Espagne, qui est mort en 1305, a certainement reproduit et publié le Zohar.

Ginsburg, parlant des doctrines zohariques de l’ « Aïn Soph », dit qu’elles étaient inconnues jusqu’au 13è siècle ; il ne nie pas l’antériorité du Sepher Yetsirah mais dans celui-ci, il n’est pas question de l’Aïn Soph Aur ni de l’Aïn Soph. Je pense cependant que cette omission n’est pas la preuve que la doctrine de l’Aïn Soph Aur et de l’Aïn Soph n’existaient pas encore, car il est raisonnable de supposer que le Sepher Yetsirah est un volume assigné au Monde Yetziratique, le troisième des Mondes kabbalistiques de l’Émanation, alors que le Ash Metzareph concerne le Monde d’Assiya, le quatrième ou Monde le plus bas des Coques, et est un traité d’alchimie ; quant au Sepher DiTzedioutha, il peut être considéré comme une Oeuvre Atziluthique, traitant des Emanations de la Déité ; et il existe sans doute une quatrième œuvre assignée au Monde de Briah, mais je n’ai pas été capable de l’identifier. Le Talmud babylonien et le Talmud de Jérusalem se réfèrent tous deux au Sepher Yetsirah. Leur traité Sanhedrin mentionne très certainement le Livre de la Formation ainsi qu’une œuvre similaire ; et Rashi dans son commentaire sur le traité Erubin considère cela comme une donnée historique fiable.

D’autres indices historiques sont donnés par Saadya Gaon, qui mourut en 940, et Judah Ha Levi, 1150 de notre ère ; tous les deux en ont parlé comme d’une œuvre ancienne. Quelques critiques modernes l’ont attribué à Rabbi Akiba qui a vécu au temps de l’empereur Hadrien, vers 120 de notre ère et qui a perdu la vie en prenant fait et cause pour la faux messie Barchocheba ; d’autres suggèrent qu’il a été écrit vers 200 de notre ère. Graetz cependant l’attribue aux temps gnostiques, vers le troisième ou quatrième siècle de notre ère, et Zunz en parle comme d’une œuvre post Talmudique appartenant à la période Géonim, vers 700-800 de notre ère ; Rubinsohn, dans sa Bibliotheca Sacra, en parle comme n’étant que de simples idées sans aucun fondement.

Les Talmuds ont été collectés en un ensemble cohérent et imprimés à Venise vers 1520.

Le Zohar a été imprimé à Mantoue en 1558; puis à Crémone en 1560 et à Lublin en 1623 ; une quatrième édition par Knorr von Rosenroth à Sulzbach en 1684. Certaines parties ne sont pas aussi anciennes car les Croisades sont mentionnées dans un chapitre.

Six éditions hébraïques du Sepher Yetsirah ont été collectées et imprimées à Lemberg en 1680. La plus ancienne de ces six était celle de Saadyah Gaon. Il existe encore trois versions latines, celle de Guillaume Postel, celle de Johann Pistorius & une troisième par Johannes Stephanus Rittangelius. Cette dernière offre à la fois la version hébraïque et la version latine et aussi les « Trente-deux sentiers » en supplément.

Il existe une traduction allemande par Johann Friedrich von Meyer, datée de 1830 ; une version d’Isidor Kalish dans laquelle il a reproduit de nombreuses annotations de grande valeur de Meyer ; une édition en français par Papus, de 1888 ; une édition en français par Mayer Lambert de 18911, avec les commentaires arabes de Saadyah Gaon ; et une édition anglaise par Peter Davidson de 1896, laquelle est suivie des « 50 Portes de l’Intelligence » et les « 32 Sentiers de la Sagesse ».

L’édition que j’en propose aujourd’hui est celle des anciens codex hébreux traduits en anglais et complétés par les versions latines de Pistorius, Postellus et Rittangelius, en suivant ce dernier plutôt que les anciens commentateurs.

LIRE  L’Aesh Metzareph ou Le Feu Purificateur

Les étudiants peuvent se référer à la Bibliotheca magna Rabbinica de Bartoloccio de Cellerio, Rome, 1678-1692, à Basnage, Histoire des Juifs, 1708 et à la Doctrine et Littérature de la Kabbale de A.E. Waite. J’ai également examiné de manière superficielle les copies suivantes du Sepher Yetsirah en hébreu :

1. Une version par Saadiah, Ab. ben David, et trois autres, Mantoue, 1562, 4to.

2. Une version accompagnée du commentaire de Rabbi Abraham F. Dior, Amsterdam, 1642, 4to.

3. Une version incluant la préface de M. ben J. Chagiz, Amsterdam, 1713, 16mo.

4. Une version de Constantinople, 1719.

5. Une version Zolkiew, 1745, 4to.

6. Une version de Moïse ben Jacob, Zozec, 1779, 4to.

7. Une version Grodno, 1806, 4to.

8. Une version Dyhernfurth, 1812, 8vo.

9. Une version Salonica, 1831, 8vo.

10. Une copie MS. Datée de 1719, du British Museum.

J’ajoute ici les titres complets des trois versions latines que l’on trouve à la Bibliothèque du British Museum :

Abrahami Patriarchae Liber Jezirah sive Formationis Mundi, Patribus quidem Abrahami tempora praecedentibus revelatus, sed ab ipso etiam Abrahamo expositus Isaaco, et per pro prophetarum manus posteritati conservatus, ipsis autem 72 Mosis auditoribus in secundo divinae veritatis loco, hoc est in ratione, quoe est posterior authoritate, habitus. Parisiis, 1552.

Gulielmus Postellus : Id est Liber Jezirah, qui Abrahamo, Patriarchae adscribitur, una cum Commentario Rabbi Abraham F.D. super 32 semitis Sapientiae, a quibus Liber Jezirah incipit: Translatus et notis illustratus a Joanne Stephano Rittangelio, Ling. Orient. in Elect. Acad. Regiomontana Prof. Extraord, Amstelodami, 1642.

Dans l’ouvrage de Tomas Primus Artis Cabalisticae hoc est reconditae theologiae et philosophiae scriptorum, Basileae 1587, on trouve le Liber de Creatione Cabalistinis, Hebraice Sepher Jezira ; Authore Abrahamo. Successive filiis ore traditus. Hinc jam rebus Israel inclinatis ne deficeret per sapientes Hierusalem arcanis et profundissimis sensibus literis commendatus. Johannes Pistorius.

Le Sepher Yetsirah comprend 6 chapitres et 33 paragraphes distribués de cette manière : le premier chapitre en compte 12 puis les autres 5, 5, 4, 3 et 4.

Dans quelques versions les paragraphes ou sujets sont arrangés de manière différente. Le plus ancien titre porte, en outre, les mots « Les Lettres de notre Père Abraham » ou « Écrits par le patriarche Abraham » et l’on en parle comme tel dans nombre d’ouvrages d’autorités médiévales, mais cette origine est sans aucun doute fabuleuse, bien que peut-être moins improbable que l’auteur du Livre d’Enoch, mentionné par Saint Jude, dont deux copies manuscrites en langue éthiopienne furent sauvées des sauvages d’Abyssinie en 1773 par le grand voyageur James Bruce.

En essence cette œuvre fut, sans aucun doute, la cristallisation par un auteur de siècles de traditions et il a été régulièrement complété par d’autres auteurs qui l’ont également revus. En ce qui concerne quelques-unes de ces additions qui furent rejetées par les étudiants médiévaux, je ne les ai pas incorporées dans le texte, préférant présenter dans ce volume uniquement le texte occulte original, sur lequel de grandes autorités hébraïques, allemandes, jésuites etc. ont écrit de longs commentaires, mais sans parvenir à l’expliquer de manière satisfaisante. Kalisch, parlant de ces commentaires, dit :

« Ils ne contiennent rien de plus qu’un ensemble d’explications arbitraires et de distorsions sophistiquées des versets, des notions astrologiques, des superstitions orientales, un jargon métaphysique, de mauvaises connaissances de la physique, et aucune élucidation correcte de cet ancien livre ».

Kalisch, cependant, n’était pas un occultiste ; ces commentaires sont si étendus qu’ils demandent des années d’études, et je n’ai aucune hésitation à confesser que mes recherches à ce sujet n’ont été que superficielles.

Ce travail a été lu comme Conférence devant l’Hermetic Society de Londres, et le docteur Anna Kingsford, son président, au printemps 1886.

Introduction de Wynn Westcott, à sa traduction du Sepher Yetzirah depuis l’original hébreu. Traduction par Spartakus FreeMann. Extrait de Sepher Yetsirah, Pour acheter ce livre, cliquez ICI.

 

Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 22 juillet 2019

Définition de la Kabbale par Gnosilius. 

Il me semblait essentiel de définir cette sainte tradition qu’est la Kabbale, afin d’en avoir une meilleure compréhension. Voici donc que je vous livre un aperçu de sa définition :

La Kabbale :

La Kabbale (de l’hébreu Qabbalah = Tradition, acceptation ; dérivé du verbe Kabbel ou Qibel = recevoir, accueillir) est une science divine, une science intuitive qui renforce le lien avec l’univers. Elle nous mène à une recherche constante du pourquoi et du comment, que ce soit sur l’essence même de Dieu, les causes premières de la création, mais aussi de la connaissance des principaux noms sacrés et de leur énonciation exacte. Cette recherche nourrit notre Ame qui se fortifie et l’ignorance fait place à la compréhension. La Kabbale permet de comprendre notre moi intérieur vis-à-vis de l’extérieur, nos faiblesses, nos erreurs, nos ignorances qui voilent notre esprit et influencent notre comportement envers autrui et envers nous-mêmes. Prendre conscience de tout cela est un premier pas vers la Lumière.

Après ce constat il ne nous reste plus qu’à établir un juste-milieu, une maîtrise du positif et du négatif afin de ne plus en être le jouet. Cette mise au point faite, nous pouvons accéder au lien invisible de l’Univers, car « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Ceci est une Vérité qui ne peut s’effacer.

Chaque infime partie du corps humain correspond à une vibration précise émanant d’une planète, d’un soleil ou d’une ou plusieurs entités, etc. Car nous formons un tout, et ce Tout est Dieu. Ainsi, la Kabbale nous démontre le mécanisme et les lois de l’Univers, c’est pourquoi cette sainte science est issue de Dieu. Toute la création découle du nom divin YHVH : YOD HE VAW HE. Ce nom de quatre lettres représente quatre énergies, quatre mondes exactement qui vont du subtil à l’épais, et ce cheminement des énergies est représenté par un schéma que l’on nomme l’arbre kabbalistique.

LIRE  Méditation selon le Ari : La dixième Yichud

Le corps humain composé de centres énergétiques que l’on nomme « chakras ». Chaque centre a une couleur bien précise de base qui peut être altérée par des maladies. Rééquilibrer ces centres énergétiques est le rôle du kabbaliste. Le corps humain est divisé en 4 parties et chaque partie a l’empreinte du nom de Dieu, YHVH.

– La tête = Yod = Feu

– Les poumons = He = Air (médiateur entre le Feu et l’Eau)

– Le ventre = Vaw = Eau

– Les jambes = He = Terre (réceptacle des 3 autres éléments)

Le SHIN, le 5e élément, est l’élément moteur qui manifeste les éléments dans la matière qui leur donne vie, il est le souffle de Dieu, sa Volonté.

Comme un atome constituant un corps humain, l’homme constitue le corps de Dieu. Si cet atome est sain, il fera partie intégrante de ce corps, s’il est malsain, il faudra le soigner et lui permettre de participer au fonctionnement de ce corps.

« Écoute dans le silence et le contact se fera.

Demande avec tout ton corps, et tu recevras.

Cherche avec tout ton Être, et tu trouveras.

Sème le bien, alors tu récolteras le bien !

Mais sème le mal, et tu récolteras le mal !

Que naisse une confiance en l’univers, et la Paix t’envahira, tous les obstacles s’écarteront de ton chemin.

Les signes te guideront sur ton chemin de Lumière.

Crois en ceci, et Dieu te dévoilera la splendeur de sa création. »

La Kabbale désigne la loi orale (message spirituel délivré à ceux qui étaient dignes et prêt à le comprendre), et c’est pourquoi les kabbalistes furent d’abord appelés « Mekuballim » (les acceptés). « On remarque d’ailleurs que le mot Kabbale se compose de 2 racines hébraïques : CAB (contenant), et BAL (spiritualité). Ce mot est apparût au XIIIe siècle dans le sud de la France et surtout en Espagne au XIIIe siècle ; auparavant on appelait cet enseignement : H’EN (abréviation hébraïque de Hockmah Nistarah = connaissance cachée), ou SOD (le mystère, degré le plus haut d’interprétation des textes sacrés) ou encore HOCKMAH HA EMET (science de la vie ou sagesse de la vérité). »

LIRE  Les Parzufim

Cette tradition mystique juive, rapporte que Jéhovah (de l’hébreu Yahveh = je suis celui qui est) Dieu, enseigna la kabbale aux anges, qui l’enseignèrent à leurs tours aux hommes.

C’est ainsi que Moïse, sur le mont Sinaï (en Égypte ; sin = « lune »), vit apparaître Dieu dans un buisson ardent pour lui demander de conduire hors d’Égypte les tribus israélites captives. Il dirigea alors les Hébreux vers le pays de Canaan et reçut de Dieu, les Tables de la Loi, autrement dit, les 10 commandements (Décalogue). Moïse préserva une partie de l’enseignement qu’il avait reçu, pour le transmettre par voie orale, aux sages d’Israël, au travers une initiation. Cet enseignement était la Kabbale. Le Talmud (ouvrage de littérature rabbinique) appela cette voie orale : « la Torah Chebiketav ». Mais il révéla aussi la kabbale au prophète Esdras, qui par voie écrite et d’une façon codée, la livra au peuple d’Israël au travers la rédaction de la Torah (le pentateuque : 5 premiers livres de la Bible qui sont la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome). Le Talmud appela alors cette voie écrite : “la Torah Chebealpe”. La Bible possède une signification profonde, grâce à laquelle l’initié atteint une communion parfaite et intime avec Dieu (la Devequth), mais on dit qu’il y aurait 70 niveaux d’interprétation des textes de la Torah.

Parmi les livres kabbalistiques les plus connus, nous trouvons :

– Le Sepher Yetzirah (le livre de la formation ou création), Étude des 22 lettres hébraïques et des 10 séphiroth de l’Arbre de Vie, nommées Maamaroth par les Araméens. Ce livre a été rédigé par un kabbaliste au VIIe siècle après J-C.

LIRE  Cantique des cantiques vers le Souffle

– Le Zohar, Il fût écrit en araméen (langue sémitique ou mieux dit « hamitique », apparentée à l’hébreu), par Siméon Bar-Yohhaï (grand rabbin galiléen), apparu au début du IIe siècle de notre ère, en Palestine. La traduction en latin a été faite par Eli Lévita (1469-1549). Il fût connu en Europe avant le XIe siècle, puisque le célèbre Rabbi Salomon bar Isaac (1040-1105), avait écrit un commentaire sur les 10 séphiroth, mais ne fût pas codifié, semble-t-il avant Moïse de Léon (XIIIe siècle).

Il recèle des commentaires de la Bible ainsi que des traités complets qui y sont incorporés, où l’on retrouve la théorie des Séphiroth :

* Le Sepher ha-bahir (le livre de la clarté)

* La Sithré Torah (doctrine occulte)

* L’Idra de Mashkana (assemblée du sanctuaire)

* La Siphra di-Tziniutha (livre secret)

* Le Sepher Hikaloth (livre des Palais)

* L’Idra Rabba Kadisha (grande et sainte Assemblée)

* L’Idra Zouta Kadisha (petite et sainte Assemblée)

* Le Sepher ha-Zohar (le livre de la splendeur), ce document littéraire fondamental de la kabbale d’Espagne, fût rédigé entre 1260 et 1280 par Moïse de Léon.

Bien, il y aurait d’avantage à dire sur la Kabbale, mais ceci est on va dire, l’essentiel à retenir pour sa définition. Bien sûr, je laisse le soin à d’autres de compléter celle-ci…

Lumière en vos coeurs !

Définition de la Kabbale par Gnosilius, 2007. 

En apprendre plus sur la Kabbale ? Visitez Kabbale en Ligne.

 

L’Arbre de Vie

 

Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 1 juin 2019

L’Arbre de Vie par Spartakus FreeMann. 

Le jour où Adam fut créé par Dieu, il fut placé au Jardin d’Éden et Dieu lui dit alors : « Regarde mes oeuvres, combien belles et adorables elles sont, et tout ce que j’ai créé, Je l’ai créé pour ton bénéfice. Garde à l’esprit de ne jamais détruire mon monde, car si tu le faisais, personne ne le rétablira après toi » Kohelet Rabbah 7.13.

Nous avons déjà parlé ailleurs de l’Arbre de Vie, mais il nous semble opportun de nous détendre quelque peu tout en cherchant quelques pistes, au travers de quelques citations, métaphores et pensées, à nos questionnements sur la nature et l’essence du Etz ’Hayim.

1- L’Arbre de Vie est un support pour le Cosmos : « C’est Moi, Celui qui a planté cet Arbre afin que s’en réjouisse le monde tout entier, qui a tout affermi sur lui, qui l’a appelé de son nom : Tout, parce que tout est suspendu à lui, que tout se forme à partir de lui, que tout a besoin de lui, que sur lui se portent les regards des guetteurs, que c’est lui qu’on attend, et que c’est de là que s’envolent les âmes supérieures avec joie » Bahir 22.

2- L’Arbre de Vie est Dieu : « Et que signifie cet arbre dont tu as parlé ? Il leur dit : Ce sont les forces du Saint, béni soit-Il, superposées l’une au-dessus de l’autre et elles ressemblent à un Arbre. De même que cet arbre, grâce aux eaux produit des fruits, de même le Saint, béni soit-Il, grâce aux eaux fait croître les forces de l’Arbre. Et que signifient ces eaux du Saint, béni soit-Il ? C’est là Sagesse. Et ce sont là les âmes supérieures des justes qui prennent leur envol de la source vers le grand Canal. Et il monte et se lie à l’arbre. Et grâce à quoi fleurit-il ? Grâce à Israël. Lorsqu’ils sont justes et bons, la Schekinah demeure parmi eux. Et elle demeure dans leurs actions dans le sein du Saint, béni soit-Il. Et Il les fait fructifier et croître » Bahir 119.

L’Arbre de Vie

Le Livre Rouge page 63, Carl Gustav Jung, 1913.

3- L’Arbre de Vie est YHVH : Le Nom Divin YHVH est le pilier de toutes les Sephirot qui s’y accrochent et dont elles reçoivent l’influx supérieur. YHVH est le Nom qui est comme une image du corps de l’Arbre et tous les autres Noms Divins sont comme des images des branches de l’Arbre. Tout dépend de ce Nom, les créatures d’en haut comme d’en bas, et ce Nom est appelés selon les Chazal (Rabbis) « le Lieu » (Maqom) car il est le lieu du monde (Eden Miqedem, Ot Chet p. 118). « Sache que tous les Noms Divins sont liées à YHVH… Le Nom de Quatre Lettres est comme le tronc d’un arbre et le Nom EYEH est comme la racine qui nourrit les branches qui sont les autres Noms de Dieu, et chacune de ces branches porte un fruit différent. » Les Portes de la Lumière, Gikatila.

LIRE  D'Abram à Abraham

4- La Shekhinah est l’Arbre qui est la forme de notre corps : « Les bras de la Shekhinah sont dans le Nom de YHVH, comme la forme qui est dans la paume Y, dans les cinq doigts H, dans ses bras V, et dans son épaule H. Dans son épaule sont formées tant de tiges, comme les branches de l’Arbre de Vie… C’est pourquoi il est écrit : Elle est comme un Arbre de Vie pour ceux qui la portent, et ceux qui la supportent sont rendus heureux » Tiquney Zohar 146a.

5- L’Image de Dieu est l’Arbre : au travers du mot hébreu ’etz l’on découvre que le Nom YHVH se trouve dissimulé dans l’Arbre de Vie : (Y * H + H * Y) + (V * H + H * V) = 160, or ’etz = Ayin (70) + Tsaddé (90) = 160. À savoir que la Torah est également appelée ’etz et que l’homme est également une image de l’Arbre car il fut créé betselem (à l’image de Dieu), or tselem (Tsaddé, Lamed, Mem) vaut également 160.

6- « Ce corps (qomah) ressemble (damtah) au palmier (tomer) » (Cant des Cant. 7.8). La tradition nous enseigne que celui qui connaît la mesure du corps (qomah) de Dieu et du Palmier (tomer) hérite du monde à venir car le tomer est identifié à la lettre Vav semblable au tronc de l’arbre. La lettre Vav est elle-même le olam ha-ba.

7- L’Arbre parle : « Kol si’ach hasadeh/Toutes herbes des champs » (Gen 2) – Tous les arbres sont comme s’ils parlaient/m’sichin, ceux-ci avec ceux-là, et avec les créatures / `im hab’riyot » (Genèse Rabbah 13.1).

8- Rabbi Ishmael dit : « La Miséricorde du Lieu/Maqom (Dieu) est sur le fruit de l’arbre » Siphrei Deutéronome, Pisqa 203. Lorsque Rabbi Abba vit un arbre dont le fruit se transforma en oiseau qui prit son envol, il dit : « Si les hommes savaient seulement ce à quoi ces choses se réfèrent, ils ôteraient leurs vêtements » Zohar 2.15b.

LIRE  Les Rituels Tantriques - La Puja ou Adoration

9- Rabbi Yehudah dit : « Pourquoi est-il écrit : Dieu fit celui-ci correspondant à celui-là ? (Ecc. 7 14) Comme toutes les étoiles du firmament, le Saint fit tout sur terre, et tout cela se réfère à ce qui est en haut. Ceci est comparable à ce que dit Rabbi Yosi : Ces arbres au travers desquels la sagesse se dévoile, tels le caroubier, le palmier, le pistachier, sont tous une seule et unique construction. Et tous ceux qui donnent des fruits, sauf les pommes, sont un unique mystère… Toutes les plantes de la terre, chacune est un mystère singulier comme le schéma supérieur » Zohar 2.15b.

10- Dans Prov. 3:18, la sagesse est comparée à l’arbre de vie. Rabbi Brakhya dit au nom de Rabbi Shimon ben Lakish : « Tout ce que le Saint a créé en l’homme, Il l’a créé dans sur la terre comme un modèle pour lui. Une personne a une tête et ainsi en est-il de la terre, comme il est dit : « et la tête de la terre du monde » (Ps. 8.26) »… Et le Bahir 98 de continuer : « Et toutes ces saintes formes sont préposées auprès des peuples. Mais le saint Israël a pris le corps de l’Arbre et son coeur. Et de même que le coeur est le fruit splendide du corps, de même Israël a pris le fruit de l’Arbre de la splendeur, le cédratier De même que le palmier a ses branches qui l’entourent et que son loubab est au milieu, de même Israël a pris le tronc de cet Arbre qui est son Coeur. Au tronc correspond la colonne vertébrale dans l’homme, qui est la quintessence du corps. Et de même que « loulab » s’écrit lo leb , à lui le coeur, de même le coeur fut remis à lui (lo leb). Et qu’en est-il de Lamed Beth ? Ce sont les trente-deux sentiers merveilleux de la Sagesse. En lui comme en chacun de ses sentiers une forme garde, ainsi qu’il est écrit : « …pour garder le chemin de l’Arbre de vie » (Genèse 3, 24) ».

11- Rabbi Abba enseignait : « Il n’y a pas de plus grande révélation de la rédemption que celle qui se trouve en ce verset : « Et vous, montagnes d’Israël, vous pousserez vos rameaux, Et vous porterez vos fruits pour mon peuple d’Israël ; Car ces choses sont près d’arriver » (Ez. 36.8) » (Talmud Sanhédrin 98a). « … Le Saint va rendre la face du fruit de l’arbre comme celle de la face des étoiles, et la face des fruits des fruits du sol comme la face des constellations, et rendre leurs parfums doux comme celui du Gan Eden. Chaque arbre prendra des proportions fantastiques, chaque vigne, chaque figue, chaque olive, chaque date, chaque pomme, chaque noix. Tous les arbres sont destinés à donner des fruits dans le monde à venir… » (Midrash Alpha Beta, Batey Midrashot p. 430).

LIRE  Une Note sur la Genèse

Les 4 Mondes et la symbolique des arbres :

1- Noix – Asiyah : « Je descendis au Jardin des Noyers… Avec les noix (egoz), si vous en prenez une de la pile, toutes les autres chutent et roulent, l’une après l’autre. Et ainsi en va-t-il avec Israël : frappez-en un et tous le sentent » Cant. des Cant. Rabbah 6.11

2- Olives – Yetsirah : « Et la colombe descendit vers l’arche le soir, et là, une feuille d’olivier était dans sa bouche » (Gen 8.9). De quel endroit l’apporta-t-elle ? Rabbi Bibi dit : « Les Portes du Gan Eden furent ouvertes pour elle ». Rabbi Abahu dit : « Si elle l’avait apportée du Jardin d’Éden, n’aurait-elle pas apporté quelque chose de spécial ? Mais elle dit à Noé : L’amertume de ceci est préférable aux douceurs du dessous de ta main » Genèse Rabbah 33.6

3- Figues – Briah : Rabbi Yochanan dit : « Pourquoi est-il écrit »Celui qui garde le figuier en mangera les fruits« (Prov 27.18) ? Les mots de la Torah sont ainsi comparés aux figues et chaque fois que quelqu’un la cherche (la Torah), il y trouve des figues en elle. Il en va ainsi de la Torah, chaque fois qu’une personne médite sur elle, il y trouve de nouvelles significations (ta’am) » Talmud Eruvin 54a-b.

4- Cèdre – Atziluth : Rabbi Yochanan dit : « Le monde n’était pas digne d’utiliser les cèdres, car ils ne furent créés que pour les besoins du beith haMiqdash (Temple) ». Genèse Rabbah 15:1. « Durant 120 ans, Noé planta des cèdres et les coupa afin de construire l’arche sans couper les arbres existants » Genèse Rabbah 30:7.

Les 4 lettres du mot « PaRDeS » représentent – comme nous l’avons expliqué ailleurs – les 4 modes d’interprétation de la Torah. Si nous retirons le Sod, interprétation mystique, il ne reste que le mot PRD, racine de nifrad, qui signifie « séparé » ou « détaché », donc, la Torah sans le Sod est comme un fruit séparé de l’arbre…

L’Arbre de Vie, Spartakus FreeMann, Nadir de Libertalia, janvier 2005 e.v.

Les Oraisons du Serpent – Frater Nahash

Les Oraisons du Serpent

Suivi de

Les rituels du Serpent

Par Frater NHS

Oraisons du SerpentOuvrage inclassable issu d’un scrying dans les éthers improbables ; il n’est ni un panégyrique satanophile ni une expression d’un courant dit “sombre”.

Nous allons tenter, au travers des pages qui vont suivre, de brosser un tableau, non de croyances simples, mais, d’un courant infrahistorique, voire d’une légende vivante qui se meut « reptilignement » depuis des millénaires dans l’ombre, décrié et maudit tel le génésique Serpent, pourchassé et nié, mais toujours renaissant comme le dieu Priape (Dieu toujours en érection symbolisant les forces de la nature. Priape et le serpent sont parfois représentés ensemble, comme nous pouvons l’admirer sur la statue du dieu « Priape au serpent » exposée au Musée d’archéologie de Vérone.).

Toutefois, malgré le titre, nous ne composerons pas non plus une symbolique nouvelle ou surannée du serpent.  L’on comprendra également que nous ne voulions pas parler au travers de ce travail des antiques naasènes, mais bien des actuels et modernes… Malgré les termes utilisés ici, nous rejetons toute volonté déiste dans nos propos et nous exposons des idées et une vision du monde qui se veulent libres du dogme habituel du dieu mièvre, aimant, de colère ou encore de ses adversaires ténébreux. Que le lecteur ne se méprenne donc point, nous n’annonçons aucune Nouvelle Parole, aucune cosmogonie figée, mais bien plutôt une histoire qui peut, tel est notre unique vœu, donner une piste de réflexion à « ceux qui cherchent afin d’être étonnés ». Ce texte se veut donc une sorte de rébus mystique ou un morceau de psychothérapie taillé par l’auteur pour lui-même, selon…

Pour vous procurer l’ouvrage, le plus simple est via Amazon :

1. en format papier : http://www.amazon.fr/dp/1326148850 ;

2. en format Kindle : http://www.amazon.fr/dp/B00S2UNGC4.

Bonne lecture !

 

 


27/07/2019
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