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Le porte-avions chinois Liaoning-CV-16 -L’aviation chinoise se joint aux frappes aériennes russes en Syrie

Syrie: Le porte-avions chinois Liaoning-CV-16 a rejoint la flotte russe dans le port de Tartous

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Nouveau bouleversement majeur au plan géopolitique : la Chine a rejoint la Russie dans son offensive en Syrie. Pour la première fois, les deux grandes puissances ont allié leurs forces armées au Proche-Orient pour y neutraliser les USA.

Porte-avion et fusiliers-marins

Alors même que le président chinois est en visite à Washington, le porte-avion Liaoning-CV-16 vient d’arriver dans le port syrien de Tartous où stationne déjà la flotte russe (source). Il est accompagné d’un croiseur doté de missiles guidés. La Chine entre donc formellement dans l’alliance associant déjà l’Iran et la Russie dans la région.

Le porte-avion devrait accueillir ses chasseurs et hélicoptères en novembre, après qu’ils aient transité par l’Iran et l’Irak. A cette fin, une cellule de coordination a été établie en Irak entre l’Iran et la Russie (source). Il s’agit aussi de combattre l’Etat Islamique en Irak.

Des avions J-15 chinois seront ainsi déployés, soit sur le porte-avion, soit sur la base aérienne de Jableh où opèrent déjà les Russes. Des hélicoptères de lutte anti-sous-marine Z-18F les rejoindront ainsi que des Z-18J.

Au moins 1000 fusiliers marins devraient être déployés en Syrie pour combattre les djihadistes et plus particulièrement les islamistes Ouïghours dont Pékin veut se débarrasser sur place. La Chine veut ainsi tuer dans l’oeuf, à l’instar de la Russie avec les djihadistes tchétchènes, toute utilisation de ces derniers par Washington à des fins d’agitation séparatiste et terroriste.

Ce déploiement de force bouleverse la donne puisque les deux puissances nucléaires et leur allié iranien sont désormais solidement implantés en Syrie et s’apprêtent à en nettoyer les éléments islamistes soutenus par Washington et ses vassaux, Turquie et pétromonarchies en tête.

Conscient de cette débâcle imminente, le secrétaire d’Etat John Kerry a discuté de la situation avec son homologue iranien, Muhammad Jawad Zarif, à New-York dans le cadre de l’assemblée générale des nations-unies.

Ce déploiement chinois marque définitivement la fin de la domination américaine de l’après-guerre froide. L’Eurasie, désormais coalisée autour de l’Organisation de Coopération de Shanghaï, constitue une alliance militaire capable de prendre des initiatives stratégiques afin de sécuriser son environnement immédiat et ainsi d’expulser les USA de l’immense continent.

Les buts de la Chine

Les buts de la Chine sont multiples.Premièrement, il s’agit pour Pékin de démontrer que l’Empire du Milieu est désormais un acteur de dimension mondiale de par sa capacité à projeter ses forces armées dans un conflit, bien au-delà de son environnement immédiat. Ce n’est pas un hasard si la Chine a expédié son unique porte-avion en Syrie : ce mouvement se veut le plus dramatique possible.

Deuxièmement, Pékin envoie un message sans ambiguïté à destination des USA quant à sa volonté d’émanciper l’Eurasie de l’interventionnisme anglo-américain.

Enfin, il s’agit pour la Chine de faire comprendre à un certain nombre d’acteurs régionaux que Pékin entend défendre ses intérêts stratégiques à long terme, y compris en neutralisant par la force les plans stratégiques US. La Turquie ou l’Arabie Saoudite, mais aussi Israël vont devoir acter de leur subordination au nouvel ordre eurasiatique. Le temps où seul Washington pouvait déterminer la politique en Orient est révolu.

Pour Israël, c’est un désastre car le Hezbollah et la Syrie de Bachar Al-Assad sont désormais soutenus sur le terrain par deux puissances nucléaires. Le poids global de la Chine, associé à son alliance avec l’Iran et la Russie, réduit à peu de choses Israël qui va désormais se voir imposer sa conduite, notamment sur la question palestinienne.

L’attitude de l’Europe

En Europe, seuls les Allemands à cette heure ont compris l’importance du mouvement chinois en Syrie. C’est ce qui explique la déclaration d’Angela Merkel sur la nécessité d’impliquer Bachar Al-Assad dans la résolution du conflit (source).

La Chine est le premier partenaire commercial de l’Union Européenne et le troisième de l’Allemagne (source). Si les vassaux européens de Washington pouvaient encore s’opposer à la Russie sur le dossier syrien ou ukrainien, ils ne peuvent absolument pas se confronter à l’alliance russo-chinoise en Syrie sans en subir, directement, de graves conséquences économiques et diplomatiques.

La coalition entre la Russie, la Chine et l’Iran est tout simplement trop puissante et l’Europe est trop dépendante du marché chinois comme des exportations de la Chine. Il s’agit là d’une des premières conséquences majeures du rééquilibrage économique global induit par l’émergence chinoise en tant que deuxième puissance économique de la planète.

Dans le même temps, le nouveau rôle de Pékin au Proche-Orient va renforcer son influence en Europe, cette dernière devant désormais trouver un terrain d’entente avec les Chinois pour éviter qu’Européens et Chinois ne se nuisent mutuellement.

La France isolée

Pour la diplomatie française, c’est un échec majeur. Après quatre années de soutien acharné aux Frères Musulmans, bandes islamistes et autres mercenaires équipés et encadrés par l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, Paris voit toutes ses hypothèses s’effondrer. Son attitude radicalement anti-russe – au point de ne pas livrer les Mistrals – et ses positions extrémistes dans le cadre des négociations avec l’Iran aboutissent à un isolement total de la France.

L’insistance récente de François Hollande à demander la “neutralisation” de Bachar Al-Assad semble être le fruit d’une approche sans lien avec la nouvelle réalité du Proche-Orient. Et démontre au surplus l’incurie d’un gouvernement français placé devant le fait accompli.

Alors que l’Allemagne semble très empressée de saisir l’action russe et chinoise comme un moyen détourné pour en finir avec l’interventionnisme américain dans la région, Paris refuse toujours d’acter de l’échec de son alliance avec les islamistes et leurs soutiens régionaux.

Aussi, nul n’est dupe sur l’annonce du bombardement par l’aviation française de cibles de l’Etat Islamique en Syrie : il s’agit de prendre le train en marche et de mitiger, dans l’opinion publique hexagonale, le désastre diplomatique précité.

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L’aviation chinoise se joint aux frappes aériennes russes en Syrie

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Les avions de guerre chinois sont prêts à se joindre aux frappes aériennes russes en Syrie.

La Russie occupera également une base aérienne irakienne. L’intervention militaire de la Russie en Syrie a radicalement élargi dans deux directions.

Les sources militaires et les renseignements de Debkafile rapportent que la Chine a prévenu Moscou vendredi 2 octobre, que les bombardiers J-15 chasseurs se joindraient à la l’intervention aérienne de la Russie qui a été lancé mercredi, septembre 30. Bagdad a d’ailleurs proposé une base aérienne à Moscou pour intervenir sur l’État islamique qui occupe désormais une grande partie du territoire irakien

L’intervention militaire de la Russie en Syrie dispose de cinq alliés supplémentaires et membres d’Orient Force: la Chine, l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Hezbollah.

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Les J-15 avions de combat vont décoller depuis le porte-avions chinois Liaoning-CV-16, qui a atteint les côtes syriennes, le 26 septembre (comme avait rapporté en exclusivité DEBKAfile). Ce sera un événement marquant pour Pékin: sa première opération militaire dans le Moyen-Orient ainsi un avant-goût d’action extérieur dans des conditions de combat réel.

Jeudi soir, ministre des Affaires étrangères de la Chine Wang Yi, a fait ce commentaire sur la crise syrienne lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies à New York: « Le monde ne peut pas se permettre de regarder et de rester les bras croisés, mais ne doit pas non plus interférer, c’est une injustice (dans la crise) ».

Un peu moins important, à peu près au même moment, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a développé la situation, s’adressant à la PBS NewsHour aux États-Unis, a dit qu’il serait favorable à un déploiement de troupes russes en l’Irak pour combattre les forces ISIS au lieu de faire cela dans son pays. Comme une mesure préventive supplémentaire, il a noté que ce serait aussi une chance, de donner à Moscou de combattre les 2.500 musulmans tchétchènes qui se battent avec ISIS en Irak, a-il dit.

Les sources militaires de Debkafile ont ajouté que les paroles de Al-Abadi arrivent dans le contexte de deux événements étroitement liés au rôle croissant de la Russie dans ce conflit de guerre:

1. Un centre d’opération interarmée russo-irano-syro-irakienne, qui est opérationnel depuis la semaine dernière. Le ministère irakien de la Défense et l’état-major militaire de Bagdad planifient les mouvements aériens russes et iraniens en Syrie, ainsi que des raids aériens russes. Ce centre de commandement organise également le transfert des forces chiites iraniens et pro-iraniens en Syrie.

2. Bagdad et Moscou viennent de conclure un accord pour la force aérienne russe pour commencer à utiliser la base aérienne de Al Taqaddum à Habbaniyah, 74 km à l’ouest de Bagdad, à la fois comme base, un couloir d’intervention aérien vers la Syrie pour les forces aériennes russes et un site stratégique de combat pour les missions de bombardement contre les forces et les positions ISIS dans le nord de l’Irak et le nord de la Syrie.

La Russie a ainsi gagné une enclave militaire en Irak, tout comme en Syrie, où elle a pris sur une base à l’extérieur de Lattaquié sur la côte ouest de la Syrie. Dans le même temps, la base aérienne Habbaniyah, sert également aux forces américaines opérant en Irak, qui sont au nombre d’environ 5.000.

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22/10/2015
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