Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 28 septembre 2019

La Monade Hiéroglyphique par John Dee. 

Nous présentons ici la Monade Hiéroglyphique de John Dee, traduction de Grillot de Givry parue aux éditions Chacornac en 1925. Ce texte est un incontournable de la culture hermétique et en ce sens nous espérons que le lecteur y trouvera de nombreuses sources de questionnements et de réflexions. La lecture de ce traité peut-être multiple : alchimique, théosophique ou même magique selon certains.

La Monade Hiéroglyphique par John Dee

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La Monas Hieroglyphica, composée à Londres, et terminée en 1564 à Anvers par le Dr John Dee, astrologue de la reine Élisabeth, est un petit traité qui enseigne comment l’hiéroglyphe mercuriel dérive du point central ou iod générateur.

Nous l’avons reproduit intégralement avec sa belle préface à Maximilien II.

Nous avons seulement omis l’avertissement de la première édition au typographe Guillaume Silvius, dans lequel John Dee recommande à celui-ci d’apporter un soin exquis à la composition de son livre et principalement à la reproduction des figures qui l’illustrent, puis de n’en point délivrer d’exemplaires aux gens du vulgaire (promiscuo hominum generi), qui pouvaient en faire mauvais usage.

Ces pages eussent été superflues aujourd’hui. Outre que Silvius a très imparfaitement obéi à la première de ces monitions, puisque toutes les éditions de la Monade sont déshonorées par des figures ignobles, inexactes, que pour la première fois nous avons reconstituées scrupuleusement suivant la pensée même de l’auteur, et conformément au texte, la seconde est d’une observation trop difficile pour pouvoir conserver quelque autorité ; ces lignes étaient donc sans intérêt.

La présente traduction est la première qui existe en langue vulgaire. Nous avons vainement cherché au British Museum la trace d’une prétendue traduction anglaise signalée par l’ Encyclopédie Britannique.

Dans les numéros 8, 9 et 12 de l’Initiation de 1893 a été publiée une sorte de paraphrase de la Monade Hiéroglyphique, signée Philophotes, et qui ne mérite pas le nom de traduction.

Grillot de Givry

La Monade Hiéroglyphique

THÉORÈME PREMIER

C’est par la ligne droite et le cercle que fut faite la première et la plus simple démonstration et représentation des choses, aussi bien non-existantes que cachées sous les voiles de la nature [1].

La Monade Hiéroglyphique par John Dee Monas01

THÉORÈME II

Et ni le cercle sans la droite, et ni la droite sans le point ne peuvent être artificiellement produits. C’est donc par la vertu du point et de la monade que les choses ont commencé d’être, en principe. Et toutes celles qui sont affectées à la périphérie, quelque grandes qu’elles soient, ne peuvent, en aucune manière, manquer du secours du point central [2].

THÉORÈME III

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Donc, le point central qu’on voit au centre de la Monade Hiéroglyphique se rapporte à la Terre, autour de laquelle, tant le Soleil que la Lune et les autres planètes accomplissent leurs cours. Pour cette raison, puis que le Soleil possède la suprême dignité, nous le représentons par un cercle complet et un centre visible.

THÉORÈME IV

Bien que l’hémicycle de la Lune soit comme supérieur et au-dessus du cercle solaire, cependant il reconnaît le Soleil comme son seigneur et roi ; et on voit qu’il se complaît tellement en sa forme et sa proximité, qu’il rivalise avec lui par la grandeur (apparente aux hommes vulgaires) du semi-diamètre et qu’il reproduit toujours sa lumière ; enfin il désire tellement être imprégné des rayons solaires que, presque transformé en lui, il disparaît complètement du ciel jusqu’à ce que, quelques jours après, il apparaisse, comme nous l’avons représenté, sous une figure corniculée.

THÉORÈME V

Monas03 La Monade Hiéroglyphique par John Dee

Et je donne vraiment un complément au cercle solaire par le semi-cercle de la Lune. Du soir et du matin, il n’a été fait qu’un jour. Qu’il soit donc le premier, celui par qui a été faite la Lumière des Philosophes.

THÉORÈME VI

Nous voyons ici le Soleil et la Lune s’appuyer sur la croix rectiligne. Celle-ci peut signifier fort à propos, par raison hiéroglyphique, soit le Ternaire, soit le Quaternaire. Le Ternaire, en effet, par les deux droites et le point commun à toutes les deux, comme copulatif. Le Quaternaire par les quatre droites renfermant quatre angles droits. (Chacun de ces éléments répétés deux fois, alors s’offre à nous, secrétissimement, l’Octonaire, que je ne crois pas avoir été connu de nos prédécesseurs les Mages, et que tu considéreras très attentivement.) Le Ternaire magique des premiers Pères et des Sapients consistait en corps, esprit et âme. D’où nous avons ici le Septénaire primaire manifesté, c’est-à-dire par les deux droites et leur point commun, ce qui fait trois, et par les quatre droites que forme ce même point en séparant les deux premières.

THÉORÈME VII

Les éléments étant éloignés de leurs places habituelles, les parties homogènes disloquées de ceux-ci apprendront à l’homme expérimenté que c’est par des lignes droites qu’elles effectueront naturellement leur retour à ces mêmes places. Donc, il ne sera pas absurde de représenter le mystère des quatre éléments (en lesquels peut être réduite chacune des choses élémentées) par quatre droites s’éloignant en quatre sens contraires d’un point unique et indivisible. Ici tu remarqueras soigneusement que les géomètres enseignent que la Ligne est produite par le déplacement du Point ; nous avertissons qu’il doit en être de même ici pour une semblable raison, puisque nos lignes Elémentaires sont produites par une continuelle chute (comme un flux) de gouttelettes (stillae) (comme des points physiques) dans notre Magie mécanique.

THÉORÈME VIII

En outre, l’extension kabbalistique du quaternaire selon la formule de numération usitée (lorsque nous disons : Un, Deux, Trois et Quatre), présente en abrégé le DÉNAIRE. C’est pourquoi Pythagoras avait coutume de dire : 1, 2, 3 et 4 font dix. Ce n’est donc pas au hasard que la Croix Rectiligne (c’est-à-dire la vingt et unième lettre de l’Alphabet romain), étant considérée comme formée de quatre droites, a été prise par les plus anciens philosophes latins pour représenter le DÉNAIRE. De plus, le lieu est défini par cela même, où le TERNAIRE, conduisant sa force par le SEPTÉNAIRE, l’a placé [3].

THÉORÈME IX

On verra que tout ici convient parfaitement au SOLEIL et à la LUNE de notre MONADE, puisque, par la Magie des quatre Éléments, la SÉPARATION très exacte en leurs lignes primitives aura été faite, et ensuite la CONJONCTION circulaire dans le complément SOLAIRE, par les périphéries de ces mêmes lignes (car quelle que soit la grandeur d’une ligne donnée, il est possible de décrire un cercle passant par ses extrémités d’après les lois de la Géométrie). Alors on ne peut donc nier combien est utile, au SOLEIL et à la LUNE de notre MONADE, la Proportion DÉNAIRE de la Croix.

THÉORÈME X

La figure suivante de la Dodécatémorie [4] du Bélier, en usage chez les Astronomes, est connue de tout le monde (comme une sorte d’édifice tranchant et pointu) ; et il est constant qu’elle indique l’origine, en ce lieu du ciel, de la Triplicité Ignée.

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Ainsi donc, nous avons ajouté le signe astronomique du Bélier pour signifier que (dans la pratique de cette MONADE) le ministère du feu est requis. Et ainsi, brièvement, nous avons achevé la considération hiéroglyphique de notre MONADE que nous voulons résumer ainsi, en un seul contexte hiéroglyphique :

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LE SOLEIL ET LA LUNE DE CETTE MONADE VEULENT QUE LEURS ÉLÉMENTS DANS LESQUELS LA PROPORTION DÉNAIRE FLORIRA, SOIENT SÉPARÉS, ET CECI S’ACCOMPLIT PAR LE MINISTERE DU FEU.

THÉORÈME XI

Le signe mystique du Bélier, constitué par deux semi-cercles, connexes en un point commun, est très justement attribué au lieu de la Nycthemère [5] Æquinoxiale. Car la période de vingt-quatre heures, partagée par le moyen de l’Æquinoxe, dénote nos Secrétissimes proportions. Je dis nos par rapport à la Terre.

THÉORÈME XII

Les très anciens Sapients et Mages nous ont transmis cinq signes hiéroglyphiques des Planètes, tous composés des caractères de la LUNE et du SOLEIL, avec le signe des Éléments ou le signe hiéroglyphique du Bélier, comme l’indiquent ceux qu’on voit figurés ici :

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Chacune de ces figures ne sera pas difficile à expliquer, suivant le mode hiéroglyphique, au moyen de nos principes fondamentaux déjà posés. D’abord, nous parlerons paraphrastiquement de ceux qui possèdent le caractère de la Lune ; ensuite de ceux qui possèdent le caractère du Soleil. Lorsque notre nature LUNAIRE, par la science des Éléments, eut accompli une première révolution autour de notre Terre, elle était appelée mystiquement SATURNE.

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Puis, à la suivante révolution, elle avait nom JUPITER et gardait une figure plus secrète. Enfin la Lune, élémentée par un troisième tour, était représentée plus obscurément encore par cette figure qu’ils avaient coutume d’appeler MERCURE. Voyez comment celui-ci est LUNAIRE, Qu’il soit conduit à une QUATRIÈME Révolution, ceci ne sera pas contraire à notre secret dessein, quoi que prétendent certains Sages. De cette manière, le Purissime Esprit Magique, à la place de la Lune, administrera l’Œuvre de l’albification, et par sa vertu spirituelle, SEUL avec nous, et comme au milieu du Jour Naturel, il parlera Hiéroglyphiquement sans paroles, introduisant et imprimant ces quatre figures géogamiques dans la Terre purissime et simplicissime préparée par nous, ou cette dernière figure au lieu de toutes les autres [6].

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THÉORÈME XIII

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Donc le caractère mystique de Mars n’est-il pas formé des hiéroglyphes du SOLEIL et du BÉLIER, le Magistère élémental intervenant en partie ? Et celui de VÉNUS, je le demande ; n’est-il pas formé de celui du SOLEIL et des Éléments suivant la meilleure explication ? Donc ces planètes regardent la Périphérie SOLAIRE et l’œuvre de revivification (anazwpurhsiz). Dans la progression de laquelle nous verrons apparaître cet autre Mercure qui est vraiment le frère utérin du premier [7]. Et comme par la complète Magie Lunaire et Solaire des Éléments, cet Hiéroglyphe messager [8] nous parle très distinctement, nous allons plus attentivement l’examiner et l’écouter. Et (par la VOLONTÉ de DIEU) il est le MERCURE des Philosophes, ce très célèbre MICROCOSME et ADAM. Cependant, quelques-uns parmi les très experts avaient coutume de placer au lieu et rang de celui-ci le SOLEIL lui-même.

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Ce que nous ne pouvons pratiquer à notre époque, à moins que nous n’ajoutions à cet œuvre chrysocorallique une certaine AME, séparée du CORPS par l’art Pyronomique. Ce qui est difficile à accomplir, et très périlleux à cause des feux et des soufres que l’esprit (halitus) apporte avec lui. Mais cette AME, certes, pourra accomplir des choses merveilleuses. Par exemple, lier par d’indissolubles liens au disque de la LUNE (ou au moins de MERCURE) LUCIFER [9] et même Mars (Pyroenta). Et en troisième lieu comme us le veulent), nous montrer pour achever notre nombre septénaire) le Soleil des Philosophes lui-même [10]. Voyez combien exactement, combien clairement cette Anatomie de notre Monade Hiéroglyphique répond à ce que signifient les arcanes de ces deux théorèmes.

THÉORÈME XIV

Il est donc déjà clairement confirmé que c’est du Soleil et de la Lune que dépend tout ce magistère. Le trois fois grand Hermès nous en a avertis autrefois en affirmant que le Soleil est son Père et la Lune sa Mère ; et nous savons vraiment qu’il est nourri de la terre rouge (terra lemnia) par les rayons lunaires et solaires qui exercent autour de lui une singulière influence.

THÉORÈME XV

Nous proposons donc aux Philosophes de considérer les exaltations (labores) du Soleil et de la Lune autour de la Terre. Elles adviennent, pour celle-ci, lorsque la clarté solaire entre dans le Bélier ; alors la Lune reçoit dans le signe suivant (c’est-à-dire du Taurrau) une nouvelle dignité ; de Lumière, et se hausse au-dessus de ses vertus naturelles. Les anciens expliquaient cette proximité ; des luminaires (la plus remarquable de toutes) par un certain Signe mystique, sous le nom insigne du Taureau. Il est très certain que c’est là cette exaltation de la Lune, comme il en a été porté témoignage par écrit (dans les traités des Astronomes) dès les temps les plus anciens. Et ceux-là, seuls, comprennent ce mystère, qui sont devenus les Pontifes absolus des mystères. Et c’est pour la même raison qu’ils ont dit que le Taureau était la maison de Vénus, c’est-à-dire de l’amour conjugal, chaste et prolifique, la Nature (Fusiz) se délectant de la Nature, comme le grand Ostanès l’a tenu caché en ses secrétissimes mystères.

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Elles (les exaltations) adviennent pour le Soleil lorsque celui-ci, après avoir reçu plusieurs éclipses de sa lumière, reçoit la force Martienne, et il est dit alors triompher dans son exaltation dans cette même maison de Mars (qui est notre Bélier). Notre Monade démontre très clairement et très parfaitement ces secrétissimes mystères par la figure hiéroglyphique du TAUREAU qui es ici représentée, et par celle de MARS que nous avons placée aux théorèmes XII et XIII, et qui indique le SOLEIL, tendant par une ligne droite vers le BÉLIER. Par la présente théorie, une autre Anatomie kabbalistique de notre MONADE s’offre donc d’elle-même, dont la véritable et ingénieuse explication est celle-ci : LES EXALTATIONS DE LA LUNE ET DU SOLEIL AU MOYEN DE LA SCIENCE DES ELEMENTS.

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ANNOTATION Il est deux choses que je crois devoir être très expressément remarquées ; la première, que cette figure hiéroglyphique du Taureau nous représente exactement la Diphtongue des Grecs [11] qui est toujours la terminaison du génitif singulier ; la seconde, par une simple métathèse de lieu, nous montre doublement la lettre ALPHA (a) par un cercle et un demi-cercle, soit simplement tangents, soit se coupant mutuellement, comme ici.

THÉORÈME XVI

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Il nous faut maintenant philosopher un peu en vue de notre sujet, sur la CROIX. Bien que notre CROIX soit formée de deux droites (comme nous l’avons dit) et vraiment égales entre elles, celles-ci cependant ne se décomposent pas mutuellement en longueurs égales. Mais nous avons voulu employer en la distribution mystique de notre croix des parties tant égales qu’inégales. Elles montrent ainsi qu’une vertu se cache aussl dans la puissance des divisions binaires de la croix Æquilatère, puisqu’elles sont d’égale grandeur. Car, en général, la croix devant être formée de droites égales, la justice de la nature elle-même demande qu’elle soit faite par la décussation [12] parfaitement égale des lignes. Selon la norme de cette justice, nous proposons d’examiner avec soin ce qui va suivre, sur la Croix Æquilatère (qui est la vingt et unième lettre de l’alphabet latin). Si, par le point commun de section et les angles opposés par le sommet de la Croix Rectiligne, Rectangulée et Æquilatère, on suppose une droite la traversant de part en part, de chaque côté de la ligne ainsi traversante, se trouvent formées deux parties de la Croix, parfaitement égales et semblables. Et la figure de celles-ci est semblable à cette lettre des Latins qui est regardée comme la cinquième des voyelles et qui était très usitée par les très anciens Philosophes Latins pour représenter le nombre cinq [13]. Ce que je conçois n’avoir pas été fait par eux hors de propos, puisqu’elle est l’exacte moitié de notre Dénaire. De ces parties de la figure ainsi doublée (par cette division hypothétique de la Croix) qui en provient, nous sommes conduits par la raison qu’elles représentent chacune le Quinaire (bien que l’une soit droite, l’autre renversée) à imiter ici la multiplication carrée des Racines carrées. (ce qui advient ici merveilleusement dans le nombre circulaire [14], c’est-à-dire le Quinaire) ; d’où le nombre vingt-cinq se trouve, en effet, produit (puisque cette lettre est la vingtième de l’alphabet [15] et la cinquième des voyelles).

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Nous considérerons maintenant un autre aspect de cette même Croix Æquilatère ; c’est le suivant, qui est semblable à la position de notre Croix Monadique. Nous supposons qu’une semblable division de la Croix en deux parties, est faite ici (comme plus haut). Alors se montre la figure géminée d’une autre lettre de l’Alphabet Latin : l’une droite, l’autre renversée et opposée ; cette lettre est usitée (d’après la très ancienne coutume des Latins) pour représenter le nombre cinquante. De là me semble qu’il faut d’abord établir ceci : de ce que ce signe du Quinaire est essentiellement tiré de notre Dénaire de la Croix, mais que celle-ci est placée au sommet de tous les mystères, il s’ensuit que cette CROIX est le signe hiéroglyphique parachevé. D’où, renfermant dans sa force quinaire la puissance du dénaire, elle s’éjouit du nombre cinquante comme de sa propre production [16]. O mon DIEU, combien profonds sont ces mystères ! et le nom EL donné à cette lettre ! Et même, pour cette raison, nous voyons qu’elle se rapporte à la vertu dénaire de la Croix, puisque, à partir de la première lettre de l’Alphabet, elle marque ce même dénaire de la Croix, et qu’elle se trouve également au dixième rang, en partant de la dernière [17]. Et puis que nous montrons qu’il y a dans la Croix deux parties inté grales semblables à celle-ci (en considérant maintenant leur seule vertu numérale), il est très clair que le nombre centenaire en est produit. Et si, par la loi des carrés, ces deux parties supportent une multiplication mutuelle, elles nous donnent comme produit deux mille cinq cents ; et ce carré, comparé au carré du premier nombre circulaire et appliqué à lui, présente encore une différence d’un centenaire [18], de sorte que la Croix elle-même, s’expliquant suivant la puissance de son dénaire, est reconnue être une centurie ; et cependant, puisque tout ceci n’est que dans une seule et même figure de la Croix ; elle se trouve représenter aussi l’Unité. Ici donc, par ces théories de la Croix (les plus dignes de toutes), nous sommes déjà induits à nombrer et progresser de cette manière : Un, dix, cent. Et c’est ainsi que la proportion dénaire de la Croix se présente à nous.

LIRE  Le Sylva philosophorum

THÉORÈME XVII

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Comme il est évident, d’après le dixième Théorème, on peut considérer quatre angles droits, en notre Croix, à chacun desquels le précédent Théorème nous apprend à attribuer la signification du quinaire, suivant une première manière de les placer ; et en leur donnant une autre position, le même théorème admet qu’ils deviennent les signes hiéroglyphiques du nombre quinquagénaire, de sorte qu’il est très évident que la Croix, vulgairement, indique le dénaire, et de plus, dans l’ordre de l’Alphabet Latin, elle est la vingt et unième lettre (c’est pourquoi il est advenu que les Sages, appelés Mecubales, désignent le nombre vingt et un par cette même lettre). Enfin, il peut être très simplement considéré comme étant un simple signe, quelque autre puissance qualitative et quantitative qu’il possède. De toutes ces choses, nous voyons qu’il peut être conclu, par la meilleure démonstration kabbalistique, que notre Croix, par un merveilleux abrégé, peut signifier, pour les Initiés : deux cent cinquante-deux. Car quatre fois cinq, quatre fois cinquante, dix, vingt et un et un, additionnés, font deux cent cinquante-deux. De même que nous pouvons extraire ce nombre par deux autres moyens encore, précédemment énoncés, nous recommandons aux kabbalistes encore inexpérimentés de le produire également, en étudiant ainsi sa brièveté et en jugeant digne de la considération des Philosophes la production variée et ingénieuse de ce nombre magistral. Et je ne vous cacherai pas ici une autre mystagogie mémorable. En considérant que notre Croix déployée se divise encore en deux autres lettres, si nous examinons d’abord d’une certaine manière leur vertu numérale, de sorte que nous conférions pareillement ensuite leur force verbale avec cette même croix, nous comprendrons avec une suprême admiration que c’est de là que naît la Lumière (LVX) le Verbe final et magistral (par cette union et conjonction du Ternaire, dans l’unité du Verbe) [19].

THÉORÈME XVIII

De nos théorèmes douzième et treizième, il peut être inféré que l’Astronomie céleste est comme la source et la directrice de l’Astronomie inférieure. Ayant donc élevé au ciel nos yeux kabbalistiques (illuminés par la contemplation des mystères susdits), nous apercevons très exactement l’Anatomie de notre Monade se montrant ainsi à nous toujours dans la Lumière et la Vie de la Nature, et découvrant très explicitement, de son propre mouvement, les très secrets mystères de cette Analyse physique. Enfin lorsque nous avons contemplé les actions célestes et divines de ce céleste messager, nous avons été conduits à appliquer à cette coordination la figure de l’Œuf. Car il est très connu de tous les astronomes que, dans l’Æther, le circuit qu’il forme par sa course est figure par un ovale [20].

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Et, puisque le Sapient doit comprendre à demi-mot, voici nos interprétations (ici hiéroglyphiquement proposées) de ce céleste conseil, complètement conformes à tout ce qui a précédé .

Ici avertis, que les misérables Alchimistes [21] apprennent donc à reconnaître leurs nombreuses erreurs, et comprennent ce qu’est l’eau du blanc d’œuf, — ce qu’est l’huile de jaune d’œuf ou la coquille calcaire des œufs [22] ; qu’ils comprennent donc à leur désespoir, ces inhabiles imposteurs, toutes les expressions semblables, si nombreuses ! Ici nous avons presque tout proportionné selon la nature. Ceci est l’œuf même de l’Aigle, que le Scarabée brisa autrefois à cause de l’injure que la cruauté et la violence de cet oiseau avait causée aux hommes timides et simples. Car il en avait même poursuivi quelques-uns qui fuyaient jusque dans l’antre du Scarabée où ils venaient implorer son secours. Mais le Scarabée, seul, estimant, à cause de tant d’insolence, que, de toute manière, cette injure devait être vengée par lui, puisqu’il était d’un caractère ardent, préparé à accomplir ceci par la constance et la volonté, et qu’il ne manquait ni de force ni d’intelligence, ce scarabée poursuivit l’aigle de tous ses efforts et una de cette très subtile ruse, de laisser choir une ordure dans le sein de Jupiter où l’œuf était déposé, de telle sorte que ce dieu, en s’en débarrassant, précipita à terre l’œuf qui s’y brisa [23]. Et le Scarabée, pour cette raison ou pour d’autres, eût complètement exterminé de la terre la race entière de l’aigle, si Jupiter, pour obvier à un si grand mal, n’eût décidé que, pendant le temps de l’année où les aigles veillent attentivement sur leurs œufs, nul scarabée ne vînt voltiger autour de ceux-ci. Je conseille donc à ceux qui sont maltraités par la cruauté de cet oiseau, qu’ils apprennent cet art très utile de ces insectes du Soleil (Heliocanthari) (qui vivent ainsi, cachés par longs espaces de temps). Par les indices et signes desquels il leur serait vraiment très agréable, bien qu’ils ne le fassent pas encore eux-mêmes, de pouvoir tirer vengeance de leur ennemi [24]. Et ils avoueraient (ô Roi !) que ce n’est pas Æsopus, mais Œdipus qui m’incite à agir, s’ils étaient présents, ceux aux âmes desquels il entreprit pour la première fois de parler des suprêmes mystères de la Nature. J’ai su parfaitement qu’il y en a eu certains qui, par l’artifice du Scarabée, s’ils eussent dissous l’œuf de l’aigle et sa coquille avec l’albumine pure, et eussent formé d’abord un mélange du tout ; puis, s’ils eussent enduit ce mélange de toute la liqueur du jaune, par un procédé habile, en le roulant et l’enroulant sans cesse, comme les scarabées agglomèrent leurs pelotes de terre, alors la grande métamorphose de l’Œuf se fût accomplie [25], l’albumine elle-même disparaissant et comme enveloppée (comme si un grand nombre de cercles hélicoïdes étaient révolus) dans cette même liqueur du Jaune.

La figure hiéroglyphique ci-contre de cet artifice ne déplaira pas aux Économes (ordonnateurs) de la Nature. Nous lisons que dans les premiers siècles, cet artifice fut célébré par les plus graves et les plus anciens philosophes, comme très certain et utile. Anaxagoras forma ensuite de ce Magistère une très excellente médecine, comme on peut le voir dans son livre περι τ εχςρφων φυσιχων [26]. Celui qui s’adonne sincèrement à ces mystères verra clairement ici que rien ne peut exister sans la vertu hiéroglyphique de notre Monade.

THÉORÈME XIX

Que le Soleil et la Lune, beaucoup plus que toutes les autres Planètes, déversent leurs forces corporelles dans tous les corps inférieurs élémentés [27], c’est ce que démontre, en effet, l’Analyse Pyronomique de toutes les choses qui ont un corps, puis que celles-ci laissent échapper (dans cette analyse) l’humeur aqueuse de la Lune, et la liqueur ignée du Soleil par lesquelles se sustente toute la corporéité terrestre des choses mortelles [28].

THÉORÈME XX

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Bien que nous ayons suffisamment démontré ci-dessus par une bonne raison hiéroglyphique que les Eléments sont représentés par les lignes droites, cependant nous donnerons une spéculation très exacte du point, qui est comme le centre de notre croix. Celui-ci ne peut en aucune manière être absent de notre Ternaire. Mais si quelqu’un, ignorant de la mathèse divine, soutenait que, dans cette position de notre binaire, il peut être absent, qu’il suppose donc un instant qu’il soit absent. Ce qui resterait alors ne serait pas notre Binaire ; mais le Quaternaire paraîtra par le retranchement de ce point et la discontinuation de l’unité des lignes. Or, notre adversaire a supposé avec nous que c’était le Binaire qui nous restait ; le Binaire et le Quaternaire seraient donc une seule chose, suivant la même considération. Ce qui, assez manifestement, est impossible. Donc ce point doit, de toute nécessité, être présent, puisque avec le binaire il constitue notre ternaire ; et rien ne peut être substitué à sa place. Cependant, il ne fait pas partie de la propriété hypostatique de ce Binaire et n’en est nullement une partie intégrante.

On démontre ainsi qu’il n’en fait pas partie. Toutes les parties d’une ligne sont des lignes. Or, celui-ci est un point, ce que confirme l’hypothèse. Donc il ne forme pas une partie de ce Binaire et encore moins fait-il partie de la propriété hypostatique de ce Binaire. Ensuite, il faut remarquer par-dessus tout qu’il possède lui-même son hypostase propre, et qu’il n’est nullement contenu dans les étendues linéaires de notre Binaire. Mais puisqu’on voit ainsi qu’il est commun à l’une et à l’autre (de ces étendues), il est censé recevoir une certaine image secrète de ce Binaire. D’où nous démontrons ici le Quaternaire se reposant (quiescens) dans le Ternaire. Pardonne-moi, ô mon Dieu ! si j’ai péché envers ta Majesté en révélant un si grand mystère à tous ! Mais j’espère que ceux-là seuls qui sont dignes le comprendront vraiment ! Continuons donc maintenant à traiter de ce quaternaire de notre Croix que nous avons indiqué. Recherchons donc ensuite si ce point peut être éloigné de l’endroit où il est représenté. Or, les Mathématiques nous enseignent qu’il peut être facilement déplacé. Car non seulement lorsqu’il est séparé, ce qui reste est notre quaternaire, mais il deviendra beaucoup plus clair et distinct aux yeux de tous. Ce n’est pas une partie de sa proportion substantielle, mais seulement le point superflu de confusion qui est rejeté et éloigné. [29] O Omnipotente Majesté Divine, combien nous sommes contraints, nous, mortels, de confesser quelle grande sapience et quelle ineffable infinité de mystères réside dans la loi que tu as disposée, par tous ses points et ses lettres, si les plus grands secrets et arcanes terrestres peuvent, par la multiple révélation de ce point unique, placé et examiné par moi (et dans ta lumière) être expliqués et démontrés très fidèlement ! De ce point qui n’est, certes, nullement superflu dans le ternaire divin, mais de ce point qui, par contre, considéré dans le règne des quatre éléments, est ténébreux alors, corruptible et bourbeux. [30] O trois et quatre fois heureux ceux qui peuvent atteindre ce point (presque copulatif) du ternaire, et rejeter et éloigner celui, sombre et superflu, du quaternaire ou du Principe des ténèbres. Ainsi nous parviendrons aux ornements des vêtements blancs, éclatants comme la neige, ô Maximilien ! que Dieu (par cette mystagogie) rende enfin le plus puissant de tous (ou quelque autre de la maison d’Autriche, tandis que moi, je me reposerai dans le Christ), afin de faire régner l’honneur de son nom redoutable dans ces ténèbres abominables et même intolérables (du point superflu sur la terre). Mais de peur que, moi-même, je me répande en paroles superflues (c’est-à-dire qui ne sont pas à leur place), je vais rentrer maintenant, tout de suite, dans les bornes de mon propos. Et puisque j’ai déjà terminé mon discours pour ceux qui placent leurs yeux dans leur cœur, il faut maintenant transformer ma parole pour ceux qui, au contraire, placent leur cœur dans leurs yeux [31]. Voici donc une figure de la croix qui peut, en quelque sorte, représenter ce que nous en avons dit ici. D’abord en deux lignes égales (également et inégalement croisées), par le point nécessaire, comme on le voit en A ; ensuite en quatre lignes droites distinctes comme en B (comme par une sorte de vacuité produite par le point retranché) séparées du point qui, avant, leur était commun, sans qu’il leur soit causé pour cela aucun préjudice. Ceci est la voie par laquelle notre Monade, progressant par le binaire et le TERNAIRE dans le QUATERNAIRE purifié, est restituée à elle-même, unie par la proportion de l’égalité (et que maintenant le tout est égal à toutes ses parties). Et tandis que ceci a lieu, notre monade n’admet cependant rien des unités ni des nombres externes, puisqu’elle se suffit très exactement à elle-même, absolutissime en tous ses nombres, dans l’amplitude desquels elle est diffusée, tant par des modes magiques que par un procédé peu vulgaire de l’artisan ensuite ; et pour le plus grand avantage (en dignité et en puissance) de cette monade elle-même, elle est restituée à sa propre matière première, cependant que tout ce qui ne se rapporte pas à sa proportion naturelle et héréditaire est retranché avec le plus grand soin et diligence, et rejeté pour toujours parmi les impuretés.

THÉORÈME XXI

Si ce qui était caché intérieurement dans les profondeurs de notre Monade était mis au jour, et que, par contre, les parties premières, et comme extérieures de cette monade fussent enfermées au centre, vous avez vu plus haut quelle transformation philosophique de la Monade se produirait alors. Nous vous exposerons donc maintenant une autre commutation locale de la Monade mystique, par ces parties d’où nos caractères hiéroglyphiques des planètes supérieures se sont d’abord offertes à nous. Chacune des autres planètes, étant, pour cette raison, retournée en haut, chacune à son tour, et recevant cette position que nous voyons souvent leur être assignée par Platon, si donc elles sont prises convenablement dans cette position, dans cette pointe du Bêlier se rassemblent Saturne, Jupiter. Mais, en descendant, la croix représente Vénus et Mercure ; s’ensuivent enfin le Soleil lui-même, et en bas la Lune.

Monas18

Mais ceci sera discuté dans un autre endroit ; cependant, comme je n’ai pas voulu cacher ces trésors philosophiques de notre Monade, nous avons pris la résolution de donner une raison pour laquelle la situation de la Monade est ainsi déplacée. Mais voyez et écoutez les autres secrets plus grands encore que je sais exister pour votre utilité, touchant cette situation, et que j’expliquerai en peu de mots, Nous distribuons donc la Monade (placée de cette nouvelle manière) dans les membres anatomiques B, D, C, où dans ce nouveau Ternaire les figures C et D sont connues même des paysans. Mais la troisième figure qui est désignée par B, n’est pas si facile à connaître de tous. Et il faut considérer très attentivement que ces formes connues, D et C, se montrent comme des essences séparées et distinctes de cette figure B ; et deuxièmement, que nous voyons les cornes de la figure C, tournées en bas comme vers la terre ; et que cette partie de D qui illumine ce même C est tournée également vers la terre, c’est-à-dire en bas, dans le centre duquel seul est visible le point vraiment terrestre ; et qu’enfin ces deux figures D et C, tournées vers les parties inférieures, forment, mieux que B, son indice hiéroglyphique (de la Terre). Donc la terre peut nous représenter hiéroglyphiquement la stabilité et la fixation. Je laisse donc à conclure de là ce que sont C et D. D’où l’on peut noter maintenant un grand secret : savoir comment toutes les choses que nous avons dites en premier lieu du Soleil et de la Lune peuvent recevoir ici une interprétation plus parfaite et tout à fait nécessaire, ces deux astres ayant été jusqu’alors placés à la partie supérieure, et les cornes lunaires dressées en haut. Mais nous avons assez parlé sur ce sujet.

Monas19

Nous examinerons donc maintenant selon les fondements de notre art hiéroglyphique, la nature de cette troisième figure (B). Premièrement, nous la voyons porter au sommet un double croissant de la Lune, ce qui est notre Bélier (mais retourné mystiquement). Ensuite le signe hiéroglyphique des Éléments lui est annexé. Quant à ce qui a trait à la Lune redoublée, ceci peut s’expliquer (selon la matière proposée) : un double degré (gradus) de la Lune. Parlons donc de ces grades que les Physiciens expérimentés ne peuvent trouver qu’au nombre de quatre entre toutes les substances créées ; savoir : être, vivre, sentir et comprendre (esse, vivere, sentire et intelligere). Et remarquant que les deux premiers de ces grades se trouvent ici, nous dirons ainsi : la Lune existante et vivante. Certains déterminent toute vie par le mouvement ; or, il y a six espèces principales de mouvement. Et la Croix qui est ajoutée indique que l’artifice des Éléments est requis ici. En outre, puisque nous avons rapporté très souvent dans nos théories que l’hiéroglyphe de la Lune est comme un demi-cercle, par contre, le cercle entier signifie le Soleil. Or, ici, nous avons deux demi-cercles, mais séparés (réunis cependant au point commun) et qui, s’ils sont conjugués (comme ils le peuvent être par un certain art), peuvent nous représenter la plénitude circulaire du Soleil. De toutes ces choses considérées ensemble, il ressort que nous pouvons ici, sommairement et hiéroglyphiquement, proférer la sentence suivante : La Lune existante et vivante qui doit être traitée (tractanda) par le magistère des Éléments possédant la puissance de représenter la plénitude solaire par ses deux demi-cercles réunis ensemble par un art secret [32].

LIRE  La Magie Enochienne : Mystère & Fascination

Que ce cercle (dont nous avons parlé) que nous désignons dans la figure par la lettre E, soit donc achevé et formé. Rappelons-nous donc d’abord que ce degré solaire ne nous a pas été présenté par la nature ; mais qu’il est artificiel et factice, et qu’il s’est d’abord offert à nous dans son aspect premier et suivant sa nature propre (comme en B) en deux parties séparées et dissoutes, et non solidement réunies sous la forme solaire. Enfin le semi-diamètre de ces demi-cercles n’est pas égal au semi-diamètre de D et C (tels que nous les avons formés et comme chacun peut le voir), mais beaucoup plus petit. D’où il est clair que ce même B n’est pas d’une amplitude si grande que le sont D et C. Et E lui-même nous le confirme très bien, s’étant, par ce moyen, transformé en cercle, de B en la figure E. Alors donc surgit à nos yeux le caractère seul de Vénus. Nous avons déjà démontré par ces syllogismes hiéroglyphiques que de B nous ne pouvons pas obtenir le vrai D, et que la vraie C n’a pu non plus être complètement dans la nature de B ; d’où celui-ci n’a pu être la vraie lune vivante. Tu peux donc déjà douter au sujet de cette vie et de ce mouvement, s’ils les possèdent véritablement et naturellement ; cependant, comme nous l’avons déjà expliqué aux sages, toutes les choses qui sont dites (sur B) d’une semblable manière, seront au moins analogiques ; et tout ce que nous avons brièvement enseigné touchant C et D convient très bien, mais analogiquement, à ce même B, accompagné de ses éléments. Et même ce que nous ajoutons sur la nature du Bélier doit exactement convenir a celui-ci ; puisqu’il porte (B) cette figure (bien que renversée) à son sommet, et qu’elle est ajoutée à ce même B qui est la figure mystique des Eléments.

Puisque nous voyons par cette Anatomie que, du corps unique de notre Monade (ainsi séparé par notre art), ce nouveau ternaire se trouve formé, nous ne pouvons douter, pour cette raison, que les membres qui le composent ne renferment et admettent entre eux, et comme de leur plein gré, une sympathie et une union monadique très absolue. Ainsi, dans ces membres se trouve une force magnétique active.

Enfin j’ai trouvé bon de faire remarquer ici (par manière de récréation) que ce même B nous présente très clairement autant de lettres rustiques et informes qu’il porte de points visibles en haut, au sommet et comme à son front, et ces lettres sont ainsi :

Monas20

Au nombre de trois, ou autrement au nombre de six (ou sommairement trois fois trois), et qui sont très grossières et informes, peu stables et inconstantes, faites de telle sorte qu’elles semblent formées d’un ou plusieurs demi-cercles. Mais le moyen de former ces lettres d’une façon plus stable et plus ferme est dans les mains des littérateurs experts. J’ai eu ici devant les yeux une infinité de mystères ; mais j’ai voulu, par ce jeu, interrompre cette théorie. Je ne comprends cependant pas les efforts de certains qui s’élèvent contre moi, bien que (notre Monade étant restituée en sa première situation mystique et chacun de ses membres étant ordonné avec art) je les avertisse et les exhorte au moins une fois de retrouver avec soin maintenant quel fut ce Feu du Bélier (Ignis Aretinus) de la Triplicité première. Qu’est-ce que notre feu æquinoxial ? Qui fut cause que le Soleil pouvait être exalté au-dessus de son grade vulgaire ? Et beaucoup d’autres choses plus excellentes qui devront être étudiées par d’heureuses et sapientissimes méditations. Mais, nous hâtant maintenant de passer à autre chose, nous avons voulu uniquement indiquer du doigt, non seulement amicalement, mais très fidèlement, le chemin qui conduit à d’autres secrets (sur lesquels il convient d’insister) en passant cependant sous silence (comme nous l’avons dit) une infinité remarquable d’autres mystères.

THÉORÈME XXII

On comprendra facilement que les mystères de notre monade ne soient pas encore épuisés, si j’offre ici à contempler à votre Sérénité Royale les vases de l’Art Sacré (ceux-ci vraiment et complètement kabbalistiques), habilement tirés de l’officine de cette même Monade et qui ne doivent être révélés qu’aux seuls initiés. Donc, tous les liens qui réunissaient les diverses parties de notre Monade étant savamment rompus, nous donnerons à chacune d’elles (pour les distinguer) une lettre spéciale, comme on le voit ci-contre.

La Monade Hiéroglyphique par John DeeMonas21

Nous avertirons donc qu’en alpha se trouve un certain vase artificiel, formé de A et de B, avec (et en extériorisant ainsi le diamètre qui est commun [33] à l’un et à autre) la ligne M, et qui n’est différent, comme on le voit, de cette première lettre de l’alphabet grec, que par une seule transposition locale des parties [34]. Car nous enseignons les premiers par la droite, le cercle et le demi-cercle, la véritable symétrie mystique de celle-ci (quoique nous ayons averti précédemment que cette symétrie pouvait être formée seulement du cercle et du demi-cercle, ce qui aboutit néanmoins au même propos mystique). Ensuite l et d sont eux-mêmes comme les images des autres vases (savoir : celui de verre et celui de terre). Mais en second lieu l et d peuvent nous rappeler quelque chose du Pilon et du Mortier qui doivent être préparés (vraiment) d’une telle matière, que nous puissions broyer avec eux, en poudres subtilissimes, les perles artificielles non perforées, les lamelles de cristal et de béryl, les chrysolithes, puis les rubis précieux, les escarboucles et autres rarissimes pierres artificielles. Enfin ce que l’on voit indiqué par la lettre w est un petit vase rempli de Mystères [35] et qui ne s’éloigne de cette dernière lettre de l’Alphabet grec (restituée maintenant à sa primitive mystagogie) que par une seule transposition apparente des parties, celle-ci consistant également en deux demi-cercles. Quant aux figures vulgaires et nécessaires ensuite de ces vases, et la matière (de laquelle ils doivent être faits) il n’est pas utile que nous en traitions ici. Cependant a devra être considéré comme cherchant l’occasion d’exercer son office par un très secret et rapide artifice de respiration (spiraculum), et le sel incorruptible par lequel se conserve le principe premier des choses, au bien ce qui surnage dans le vitriol après la dissolution [36] offrira aux débutants un spécimen primordial et très bref de notre œuvre ; en attendant qu’une voie plus subtile et plus habile de préparer cet œuvre vienne se révéler à eux. Mais dans l, le vase de verre (dans l’exercice de sa fonction particulière), tout air, ou vent extérieur apportera un grand dommage.

Le corollaire de w est l’homme agréable à voir paraître en tout temps (omnium horarum homo). Qui donc déjà ne peut pressentir les fruits suavissimes et très salutaires de la science sacrée, qui naissent (dis-je), du mystère de ces deux lettres seulement ? Quelques-uns desquels nous tirerons (de notre jardin des Hespérides) et nous ferons voir d’un peu plus près comme dans un miroir ; et l’on constatera qu’ils ne sont formés d’autre chose que de notre Monade. Car la ligne droite , qui apparaît dans Alpha est homologue de celle qui, dans cette séparation de l’anatomie finale de notre Croix, est déjà désignée par la lettre M. On peut découvrir ainsi d’où proviennent les autres. (Voir le tableau schématique ci-contre.)

Par ces quelques paroles, je sais que je donne non seulement des principes, mais des démonstrations à ceux au dedans desquels vit et se fortifie la vigueur ignée et l’origine céleste, afin qu’ils prêtent désormais l’oreille au grand Démocrite facilement : c’est un dogme non mythique, mais mystique et secret, selon lui, que le remède de l’âme et libérateur de toute souffrance a été préparé à ceux qui veulent (boulomenoiz), et, comme il l’a enseigné, qu’il est recherché à la voix du Créateur de l’Univers, afin que l’homme inspiré de Dieu et engendré divinement apprenne au moyen du discours parfait et des langages mystiques.

THÉORÈME XXIII

Monas22

Nous présenterons maintenant ici, soigneusement figurées, les symétries déjà observées par nous dans la construction hiéroglyphique de notre monade, et qui devront être observées par ceux auxquels il sera agréable de les tracer sur des sceaux ou des anneaux, ou de les utiliser de quelque autre manière, Au nom de Jésus-Christ, cloué sur la croix, dont l’esprit écrit rapidement ces choses par moi (qui ne suis, je l’espère et le crois, que le calame qui trace les caractères), nous tirerons maintenant de notre croix des Éléments, toutes les mesures susdites. Et même par la raison (selon la matière de l’argument proposé) que tout ce qui, sous le ciel de la Lune, contient le principe de sa génération du bien est formé de l’agglomération des quatre éléments, ou bien est l’Essence élémentaire elle-même, et ceci de diverses manières non connues du vulgaire ; et parce que, dans nulle chose créée, les éléments ne sont en proportion ou en force égale, et que, cependant, par le moyen de l’art, ils peuvent être ramenés à l’égalité en certaines choses (comme les Sapients le savent), dans notre croix, nous constituons des parties égales et non égales, ce que, pour une autre raison, nous pouvons nommer similitude ou diversité ou unité et pluralité, en admettant en secret la propriété (comme nous en avons averti plus haut) de la Croix Æquilatère. Mais si nous exposions chacune des raisons (que nous connaissons) des symétries ainsi établies, ou bien que nous en démontrions les causes d’une autre manière que nous ne l’avons fait, et assez abondamment (pour les Sapients) en tout cet opuscule, nous franchirions les limites que nous avons, non sans raison, prescrites à notre discours.

Un point quelconque étant donné dans un plan, comme A, par exemple, on fait passer par ce point et au-delà de lui dans les deux sens, une droite assez longue, CAR ; et sur la ligne CK on élève une perpendiculaire s’étendant dans l’un et l’autre sens, suffisamment loin (à l’infini, comme ont coutume de dire les géomètres, et avec raison, tournant ainsi la difficulté), que l’on admettra être DAE. Puis, en AR, on prend un point où l’on voudra, soit B, et l’on obtiendra une première distance AB (qui sera comme la commune mesure de notre œuvre). On prend le triple de celle-ci, et on le porte de A vers C, soit AC ; puis on porte deux fois la distance AB en AE, puis en AD, de telle sorte que toute la distance DE soit le quadruple de AB ; alors nous avons formé notre Croix élémentale, c’est-à-dire par le quaternaire des lignes AB, AC, AD et AE. Maintenant, sur la ligne BK on porte une distance égale à AD et l’on obtient BI. Du point I comme centre, et avec IB comme rayon, l’on décrit un cercle BR, qui coupe la droite AK au point R ; et du point R vers K, on porte sur la droite une longueur égale à AB, soit RK, et du point K on tire une ligne droite, de suffisante longueur, formant un angle droit de chaque côté de la droite AK, et qui sera PFK. De ce même point K, prenons dans la direction F une distance égale à AD, soit KF, et par le point K comme centre, et avec KF comme rayon, on décrit un demi-cercle FLP, de telle sorte que FKP en soit le diamètre. Enfin au point C, on élève sur cette même ligne AC une perpendiculaire suffisamment étendue dans les deux sens, soit OCQ ; ensuite, sur la ligne CO, nous portons du point C la distance AB, soit CM, et de M comme centre avec MC comme rayon, nous décrivons un demi-cercle CHO, dont le diamètre est CMO. Et de même, sur CQ, du point C, nous portons encore une distance égale à AB, soit CN ; et du centre N, avec NC comme rayon, nous traçons le demi-cercle CGQ, dont CNQ est le diamètre. Nous affirmons, dès lors, que toutes les symétries demandées se trouvent expliquées et décrites dans notre Monade.

Il est bon d’avertir ici celui qui connaît les lois de la mécanique, que toute la ligne CK est composée de neuf parties, dont l’une est notre fondamentale, ce qui, par une autre voie, peut contribuer à porter notre œuvre à la perfection ; ensuite que tous les diamètres et semi-diamètres doivent être désignés ici par des lignes supposées (obscurae) (comme disent les géomètres) ; qu’il ne faut laisser aucun centre visible, excepté le centre solaire qui est ici marqué par la lettre I, et qu’il n’y faut ajouter aucune lettre ; cependant, l’adepte de la Mécanique peut ajouter, en guise d’ornement, à la périphérie solaire (en vertu d’une certaine nécessité mystique qui ; pour cette raison n’a pas encore été considérée par nous) une surface latérale annulaire (circonscrite par une ligne parallèle à la première). La distance de ces parallèles peut être fixée au quart ou au cinquième environ de la distance AB. Il peut aussi donner à la périphérie lunaire la forme sous laquelle cette planète apparaît dans le ciel aussitôt après sa conjonction avec le soleil, c’est-à-dire sous la forme corniculée, ce qu’il obtiendra si, du point K, dans la direction de R, il porte cette distance (dont nous venons de parler) du quart ou du cinquième de la ligne AB, et si, du point ainsi obtenu, comme centre, il trace avec le même rayon lunaire la seconde partie de la périphérie qui viendra aboutir, par un contact extrêmement ténu, aux deux extrémités du premier demi-cercle. La même opération peut être également répétée aux points M et N, en élevant des perpendiculaires par chacun de ces points, sur lesquelles on portera la sixième partie de AB ou un peu moins ; d’où, comme centre, ou décrira extérieurement avec les deux premiers rayons MC et NC deux autres demi-cercles.

Enfin des parallèles peuvent être tracées de chaque côté des deux lignes de notre croix, distantes chacune des lignes du milieu de la huitième ou de la dixième partie de AB, de telle sorte que notre croix soit, de cette manière, formée comme par quatre superficies linéaires dont la largeur est la quatrième ou la cinquième partie de cette même droite AB.

J’ai voulu, en quelque sorte, esquisser dans la figure ci-contre ces ornements que chacun peut reproduire à sa fantaisie : à la condition cependant qu’aucune faute (même minime), contre nos symétries mystiques, n’y soit insérée, de peur que par cette négligence, la discipline nouvelle de ces commensurations hiéroglyphiques (et extrêmement nécessaires) ne soit, dans la suite progressive des temps, détruite ou perturbée, et beaucoup plus profondément que nous n’avons pu ou voulu l’indiquer en ce petit livre ; comme l’enseignera la Vérité, fille du Temps (avec le consentement de Dieu). Mais nous exposerons maintenant méthodiquement certaines choses que pourra rencontrer sur son chemin celui qui s’exercera dans ces symétries de notre Monade.

La Monade Hiéroglyphique par John Dee Monas23

Nous montrerons par plusieurs exemples l’existence de quatre lignes disposées selon le quaternaire des lignes de notre Croix et que l’on ne peut, en considération de celui-ci, énoncer simplement, puis leur proportion et raison particulière et mystique qu’elles prennent d’une autre manière du quaternaire de ces mêmes lignes ; et troisièmement, nous montrerons qu’il existe dans la Nature certaines fonctions utiles et déterminées par Dieu, au moyen des nombres que nous avons soigneusement tirés, soit de ce théorème, soit des autres qui sont contenus dans ce petit livre. Enfin d’autres choses que nous insérerons en lieu opportun, et qui, si elles sont convenablement comprises, porteront des fruits très abondants, ce par quoi nous terminerons très brièvement.

DU QUATERNAIRE PYTHAGORIQUE

Toute la transposition (métathèse) possible, est 24. La somme pythagorique est 10. L’addition des parties, de quelque manière que ce soit, donne 30.

LIRE  Référence de Magie Enochienne seconde partie

Monas24

Autant qu’il existe de nombres écrits dans l’ordre naturel, depuis la Monade première, si, du premier au dernier, ou fait une multiplication continue, c’est-à-dire du premier par le second : du produit de ces deux par le troisième, et de ce produit par le quatrième, et ainsi de suite jusqu’à la fin, le produit final détermine toute la métathèse possible, en autant de lieux et, par la même raison, en autant de choses diverses que l’on voudra. Je te confie donc (ô Roi), cette opération qui te sera très utile en plusieurs circonstances, tant dans l’étude de la nature, que dans les autres affaires du gouvernement des hommes, et que j’ai coutume d’utiliser avec le plus grand plaisir ans le Tziruph (ou Themura) des Hébreux.

DU QUATERNAIRE ARTIFICIEL

Monas25

La multiplication continue donne 12.

L’addition simple donne 8 = 1 + 7 (=4+3)

La Somme de l’addition des parties de toutes les manières possibles donne 24. ce qui est égal à toute la métathèse possible du quaternaire et qui détermine la pureté physique et la souveraine excellence de l’or à 24 karats, lorsqu’il est considéré dans son existence propre sur la Terre.

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Je n’ignore pas, en vérité, que plusieurs autres nombres puissent être produits du Quaternaire, par la Vertu Arithmétique et la Puissance formelle. Mais celui qui ne comprendra pas qu’une très grande obscurité se trouve ainsi illuminée par ceux que j’ai arrachés à la nature, et distingués parmi leur si grande multitude, pourra estimer son entendement obtus et non aigu. Combien donc réside d’autorité en nos nombres (comme nous l’avons promis), dans la pondération des Éléments, dans les définitions des mesures des temps, dans la certitude des grades qu’on peut assigner à la puissance et à la force des choses, c’est ce qu’il faut examiner dans les schémas suivants.

Monas27

Des précédents schémas, plusieurs choses peuvent être déduites, qu’il est préférable d’étudier et d’approfondir silencieusement plutôt que de divulguer ouvertement par des paroles.

La Monade Hiéroglyphique par John Dee Monas03

Cependant, nous avertirons d’une seule chose parmi tant d’autres (divulgée pour la première fois par nous, ainsi que tout cet art nouveau), à savoir, que nous avons établi ici la cause rationnelle en vertu de laquelle le Quaternaire ou le Dénaire terminent d’une certaine manière les séries numérales ; et nous affirmons que cette cause n’est pas exactement telle que l’ont décrite les Maîtres qui nous ont précédés, mais telle que nous l’avons rapportée ici.

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Puisque cette Monade a été intégralement et physiquement restituée à elle-même (c’est-à-dire qu’elle est vraiment la Monade Unitissime, l’Unité éprouvée des Images) ; il n’est au pouvoir ni de la Nature, ni d’aucun art, d’exciter celle-ci à un mouvement ou à une progression quelconque, autrement que par quatre révolutions supercélestes (et de là est engendré celui que nous avons voulu noter ainsi à cause de son éminence) ; et c’est pour cette raison qu’il n’est, dans le monde élémental, céleste ou supercéleste, aucune puissance créée, influentiale, dont elle n’ait pas été absolument douée et enrichie. C’est l’effet véritable de celle-ci que quatre hommes illustres et amis de la Philosophie ont atteint ensemble (autrefois) dans leur œuvre ; et étonnés, un jour, d’un si grand miracle de cette chose, se consacrèrent des le lendemain tout entiers à chanter et à prêcher les louanges de Dieu, le Très Haut, de ce qu’il leur avait prodigué tant de Sapience et un pouvoir et un empire si grand sur les autres créatures.

THÉORÈME XXIV

De même que nous avons commencé l’exorde de ce petit livre par le Point, la Droite et le Cercle, et que nous avons circonduit de notre point monadique l’extrême effluxion linéaire de nos éléments en un cercle presque analogue à l’Æquinoxial, qui achève sa circuition en 24 heures, de même maintenant enfin nous consommerons et terminerons la métamorphose et la métathèse de toutes les manières possibles du Quaternaire (définie par le nombre 24), par notre présent vingt-quatrième théorème, à l’honneur et la gloire de Celui qui (au témoignage de Jean l’Archipræsul des Mystères divins, dans la quatrième et dernière partie du quatrième chapitre de l’Apocalypse), siège sur un Thrône, autour et devant lequel les quatre Animaux (ayant chacun six ailes), disent Nuit et Jour, sans repos : Saint, Saint, Saint est le Seigneur Dieu Omnipotent, qui Etait et qui Est, et qui Viendra (venturus est) le même que les 24 vieillards dans les 24 cathèdres placées dans le cercle, adorent, prosternés (ayant jeté leurs couronnes d’Or à terre), disant : Digne es-tu, Seigneur, de recevoir Gloire, Honneur et Vertu, parce que tu as créé toutes choses, et à cause de ta volonté, elles sont et ont été créées Amen

Dit la quatrième lettre D

Celui à qui Dieu a donné la volonté et l’habileté [37] de connaître ainsi ce mystère divin par les monuments éternels des lettres, et de terminer placidissimement, le 25 janvier, ses travaux commencent le 13 du même mois.

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La Monade Hiéroglyphique par John Dee.  Illustration : See page for author [CC BY 4.0], via Wikimedia Commons

Notes

[1] C’est-à-dire non seulement les formes sensibles de la manière, mais les trajectoires des forces cosmiques et moléculaires et les révolutions intérieures de l’immatière. (Note du traducteur.)

[2] Le point central, l’Iod générateur et phallique, si bien précisé dans la planche pentagrammatique de l’Amphitheatrum de Khunrath. Voyez également une figure hermétique très crue du Liber Azoth (Practica lineæ vitæ) de Paracelse. (G. de G.)

[3] Passage un peu obscur de John Dee, qui doit s’entendre ainsi : Le dénaire est composé d’un premier ternaire, puis du quaternaire au milieu, puis d’un second ternaire (10 : 3, 3). Donc le quaternaire complète le ternaire en formant le septénaire, et le ternaire complète le septénaire pour former le dénaire. Et chacun de ces trois termes : ternaire, quaternaire et septénaire tend vers le dénaire par le moyen des autres termes. (G. de G.)

[4] Terme astrologique que John Dee emploie comme l’expression d’un signe du Zodiaque en entier, tandis qu’il n’est, en réalité, que le douzième d’une maison cosmique. Voir à ce sujet Manilius, lib. II, vers 678 à 685, et Julius Maternus Firmicus, lib. II, cap. 15. (G. de G.)

[5] Nycthemera, Point moyen qui divise la nuit en deux parties égales. (G. de G.)

[6] Ce théorème expose, dans un langage un peu obscur, le mystère de la génération des êtres. Il indique que la figure mercurienne, isolée par un trait dans le pantacle gravé, résume les quatre révolutions lunaires qui précèdent l’état de perfection du Mercure des Philosophes. Celui-ci, seul, détermine le jour parfait équinoxial dans l’idéale terre, l’Héden Génésiaque : et il est la puissance vitale elle-même, qui nous soutient et nous anime. (G. de G.)

[7] Toute cette démonstration doit être suivie sur la figure de la page 27 où l’on voit clairement la formation des deux Mercures. (G. de G.)

[8] Nuncius, allusion aux attributions du Dieu Mercure. (G. de G.)

[9] La matière alchimique parvenue au blanc, au sortir de la putréfaction. G. de G.)

[10] Une note marginale porte ici la mention suivante : L’anatomie monadique, principale de toute l’astronomie inférieure.

[11] La diphtongue grecque ou que l’on écrit maintenant au moyen de ces deux lettres, était formée autrefois par le signe formé par la superposition des deux caractères. Cette coutume, aujourd’hui disparue, et que l’on rencontre rarement dans le style lapidaire, avait pris naissance dans l’écriture cursive des manuscrits, et s’est maintenue dans l’impression des ouvrages grecs jusqu’au commencement du XIXe siècle. (G. de G.)

[12] Position de deux lignes qui se croisent. (G. de G.)

[13] La lettre V, indifféremment employée pour U se trouvait être, en effet, la cinquième voyelle, et, dans les chiffres romains, représentait le nombre 5. (G. de G.)

[14] Ainsi appelé parce que c’est le seul qui, dans tous ses multiples, produise toujours des nombres dont le dernier chiffre est 5. (G. de G.)

[15] John Dee a placé plus haut la lettre T au vingt et unième rang (dans l’alphabet latin), parce qu’il compte alors les caractères Æ et J. Mais en supprimant Æ ; en identifiant J avec I et U avec V, cette dernière se trouve la vingtième. (G. de G.)

[16] En effet, la lettre L vaut 50, c’est-à-dire le produit du dénaire par le quinaire. Ainsi la Croix, mystérieusement construite sur les chiffres 5 et 10, tout en présentant l’image du quaternaire, est bien le signe par excellence du monde à venir, du monde toujours nouveau et renaissant par la rédemption de l’homme par l’homme, tandis que le passé s’engloutit dans l’absolue forme du ternaire. De plus, la lettre L se prononce comme le mot hébreu EL, qui est le nom spécial de la divinité dans ses manifestations vers l’homme. (G. de G.)

[17] La lettre L est la dixième de l’alphabet à partir de A ou, en rétrogradant, à partir de V. 1=A, 2=B, 3=C, 4=D, 5=E, 6=F, 7=G, 8=H, 9=I, 10=L 9=M, 8=N, 7=O, 6=P, 5=Q, 4=R, 3=S, 2=T, 1=V. En supprimant la lettre J, qui n’est qui n’est qu’une forme de I, ainsi que K, étranger à l’alphabet latin, et en identifiant U avec V, on voit que la lettre L est, en effet, à mi-chemin de l’alphabet et au dixième rang de chaque côté. (G. de G.)

[18] Le carré du premier nombre circulaire V X V = 25. Le carré du second nombre circulaire L X L = 2.500. Ces deux nombres sont les mêmes, avec la seule différence que le chiffre des unités du premier se trouve, dans le second, reculé au rang des centaines. (G. de G.)

[19] Le mot latin Lux, qui signifie lumière et qui s’écrit LVX en style lapidaire, est composé, en effet, de L et de V dont John Dee vient de nous donner les valeurs symboliques, et de X qui est une croix formée de deux V ou de deux L superposés. (G. de G.)

[20] John Dee nous livre ici le secret du mouvement vibratoire atomique. C’est le mystère de la cohésion, de la couleur, de la chaleur, de la vie elle-même qu’il nous expose. (G. de G.)

[21] A l’époque de John Dee, on appelait particulièrement alchimistes, les souffleurs, c’est-à-dire ceux qui, malgré les multiples recommandations des maîtres, s’obstinaient à travailler au Grand Œuvre sur des matières hétéroclites. Les vrais alchimistes revendiquaient plutôt le nom de Sages et de Philosophes. (G. de G.)

[22] Termes mystérieux de la science alchimique. L’Œuf qui est une « gigantesque cellule », suivant l’expression d’Yves Delage, est en effet un microcosme exactement semblable à l’œuf génésiaque et orphique d’où est sorti l’univers organisé, et que le Scarabée tient enserré à l’architrave des temples égyptiens. Lire à ce sujet le poème de l’Œuf dans les Poèmes hiéroglyphiques de Simmias de Rhodes. (G. de G.)

[23] John Dee rapporte si succinctement ce trait que, pour être intelligible, nous avons dû, contrairement à notre habitude, amplifier les deux dernières lignes d’après les mythologues. Voici le texte de John Dee : Unde variis conatibus aquilam dum persequeretur scarabeus : subtilissima fimi arte usus, illius tandem (vel in Jovis gremio depositum) ovum, in terram præcipitari adeoque disrumpi effexit. Cette histoire est purement alchimique ; et il est facile de comprendre pourquoi l’auteur interrompt ses théorèmes astrologiques et cosmogoniques pour l’insérer ici. (G. de G.)

[24] Ceci s’entend toujours dans la conduite des principes opposés du Grand Œuvre. Est-il besoin de dire qu’il ne s’agit pas ici d’un précepte de morale ? (G. de G.)

[25] En langage alchimique, l’Œuf n’est pas l’athanor, mais le Magistère lui-même. Les trois termes : jaune, blanc et coquille représentent le triple composé du soufre, du mercure et du sel. (G. de G.)

[26] Cet ouvrage, que nous ne connaissons pas, doit être un livre alchimique de la décadence grecque, faussement attribué à cet auteur. Il n’est mentionné ni dans Diogenes Laërce, ni dans Suidas ; et l’on ne possède de ce philosophe, que des fragments cités dans le commentaire de Simplicius sur la physique d’Aristote, réunis dans les Anaxagoræ Clazomenii fragmenta, Leipzig, 1827, et dans les Fragmenta philosophoram græcorum de Mullach, Paris, édition Didot, 1860, tome I. Le titre cité par John Dee ne s’y trouve pas. Enfin, il ne figure pas non plus dans le catalogue de la bibliothèque de John Dee, publié à la suite de son Journal. (G. de G.)

[27] C’est-à-dire formés des éléments. (G. de G.)

[28] Toute génération, germination, développement de semence et nutrition, n’est que le produit de la réaction d’un principe chaud sur un principe humide, le tout enveloppant un germe animé d’une étincelle de l’essence impérissable de la vie. Sans chaleur ni humidité, point de génération, de reproduction possible Le végétal ne s’accroît que sous l’influence de la chaleur solaire combinée avec l’humidité terrestre ; si l’un de ces éléments fait défaut, ce végétal périt. Cette grande loi du chaud et de l’humide, générateurs du monde, est le secret ultime des alchimistes. C’est la loi équilibrante de l’Univers, que John Dee énonce ici en un latin assez obscur, loi admirable qui a nécessité, pour la procréation du cosmos tout entier, l’action (avec tendance passive) d’un mâle igné, sur la passivité (avec tendance active) d’une matrice féminine imprégnée d’humidité C’est l’Esprit, Activité, Lumière, s’unissant à la Vierge, Passivité, Eau, pour produire l’Univers animé et sensible. (G. de G.)

[29] Le point étant sans longueur et sans épaisseur peut ainsi être enlevé du centre des quatre lignes de la croix sans que ces lignes perdent la moindre partie de leur substance ; elles se trouvent seulement séparées et forment le quaternaire parfait. (G de G.)

[30] Ce n’est pas sans raison que John Dee a assigné au point central une importance suprême dès son deuxième théorème ; en faisant dériver de lui toute la construction de sa monade hiéroglyphique, il a manifesté une connaissance profonde des théories kabbalistiques les plus élevées. On sait que la mystérieuse lettre hébraïque Iod était figurée originairement par un point et symbolisait le principe sacré de la génération universelle. Le dérivé phénicien de cette lettre, le iola des Grecs, avait gardé la même signification ; et certaine épigramme peu décente du poète Ausone faisait usage de ce symbolisme : Ubi locari Iota convenit longum (Epigr. CXX ad Liguritorem). Voir notre précédente notre théorème Ier. (G. de G.)

[31] C’est-à-dire ceux qui voient par la vue intérieure de l’esprit et ceux qui ne voient que par la vue extérieure des sens : la démonstration. (G. de G.)

[32] C’est, au point de vue hermétique la relation, comme l’enseigne le Zohar (Ha hidra zuta Qadisha, XXI, 729) de la Petite Sapience ou Femme divine ; avec la grande Sapience qui est le Christ. (G. de G.)

[33] Voir le théorème suivant, pour cette mesure. (G. de G.)

[34] En effet, le vase alchimique dont parle John Dee, et qui est le vaisseau de sublimation, doit être présenté sous la forme suivante : il ne diffère de l’alpha que par une inclinaison différente et le renversement du demi-cercle : a (G. de G.)

[35] Se rappeler que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et que l’athanor alchimique est semblable au grand athanor de la nature. En décrivant la forme des vases, John Dee donne en même temps la direction des divers mouvements dont le Cosmos est animé, la formule géométrique des courbes que décrivent les astres et de celles des vibrations des particules infinitésimales de la matière et il livre ainsi la clef de l’évolution des êtres. C’est de la cinématique hyperphysique et transcendantale. L’importance que l’auteur a donnée au vase alchimique en forme d’Oméga nous incite à croire qu’il a eu connaissance d’un traité grec de Zozime qui, au chapitre XLIX, contient des Hypomnèmes sur la lettre Omega ; cette lettre, dit-il, représente tous les organes pour la préparation de l’eau divine et tous les fours mécaniques. (G. de G.)

[36] John Dee a voilé ici le secret du grand œuvre dans une assez mauvaise phrase hébraïque qui, mêlée d’anagrammes latins, successivement dénaturée par les imprimeurs et transcrite incorrectement, est devenue à peu près illisible. Nous avons indiqué le sens littéral, fort douteux, qu’on peut lui attribuer. (G. de G.)

[37] C’est John Dee lui-même qui se désigne ici par l’initiale grecque de son nom : Delta, D et qui répond Amen, en écho au souhait, plus haut manifesté par les puissances célestes. Il s’attribue toujours lui-même cette lettre D, dans le dialogue de son curieux ouvrage : A true and faithful relation, où il a rapporté se conversations avec les esprits. (G. de G.)