GRAAL -ARTHUR-EXCALIBUR - PAIX-LIBERTE-AMOUR DIVIN

L’appel des autochtones pour préserver la nature

[VIDÉO] L’appel des autochtones pour préserver la nature

Nyon

Des représentants de peuples premiers du monde entier se sont retrouvés en Suisse pour alerter l’humanité

 
  • Yves Merz

Ce mardi, les médias ont assisté à une conférence de presse hors du commun. Voir arriver dans la salle de réception du château de Nyon une vingtaine d’ambassadeurs de peuples premiers revêtus de leur costume traditionnel ressemblait à du théâtre avant-gardiste. Ce d’autant plus que la conférence a été introduite par le chant d’un chaman brésilien. Cette rencontre avec les médias n’avait pourtant rien d’une comédie.

 

Au contraire, ces personnalités des quatre coins du globe étaient réunies pour transmettre un message très sérieux: alerter le monde que leurs territoires, leurs peuples et la nature sont menacés (extraction de minerais et de pétrole, monocultures, tourisme, constructions de barrages…), et que, dès lors, c’est l’humanité entière qui est impactée et doit se mobiliser pour éviter ces désastres. Se présenter dans leur costume traditionnel n’avait pas pour finalité d’amuser la galerie mais d’affirmer la diversité de leurs identités afin de montrer qu’il est possible aux peuples de culture différente de lutter ensemble.

Directrice de l’association NiceFuture, organisatrice de cet événement baptisé «Au Cœur des Temps», Barbara Steudler a expliqué que le but était de réunir divers acteurs engagés pour la préservation de la nature: les représentants des peuples autochtones (Kanak, de Nouvelle-Calédonie, Maasaï, du Kenya, Papora, de Taïwan, Asháninka, du Pérou et du Brésil, Maori, de Nouvelle-Zélande, Xipaia, du Brésil, Tolinou, du Bénin, et Surui, du Brésil), mais aussi des scientifiques, des agriculteurs bio, des forestiers, des économistes…

Au vert durant quatre jours

Ce collectif atypique s’est mis au vert durant quatre jours dans un chalet à Arolla pour échanger et tenter de trouver des solutions. Dimanche dernier, il s’est rendu à la foire agricole bio de Moudon. Ce mercredi matin a lieu une rencontre avec Nespresso, puis une cérémonie publique sera célébrée à la plage de Préverenges à 16 h. Enfin, jeudi, le groupe participera à une journée consacrée à la forêt dans le canton de Fribourg.

Lors de la conférence de presse, Almir, le chef surui, a demandé à Dominique Bourg, professeur d’université, Benki, chaman amazonien, et Daniel Rossellat, syndic de Nyon, de se lever. «C’est en réunissant des personnalités différentes, représentants de la science, de la politique et de la spiritualité, que nous arriverons à changer la réalité.» NiceFuture va rédiger la Déclaration d’Arolla, pour la diffuser le plus largement possible.

(24 heures)

 

 

 
Oui
 
Non
 

Appolinaire, du peuple Tolinou

Appolinaire Oussou Lio vit au Bénin, au sein du peuple Tolinou, qui s’étend du Togo au Niger. Ce géographe de formation est le président de l’ONG Groupe de recherche et d’action pour le bien-être au Bénin et membre du comité exécutif de L’Alliance des gardiens de mère Nature. Âgé de 47 ans, ce père de quatre enfants accorde beaucoup d’importance à la transmission du savoir entre les générations. «Nos priorités, c’est la reforestation et la lutte contre les sachets plastiques qui tuent nos plantes et nos animaux. Le combat des peuples indigènes est un combat collectif à l’échelle de la planète. Nous devons franchir nos barrières et joindre nos mains pour laver la terre. De la Suisse, je me souviendrai du froid de la neige et de la chaleur des cœurs.»

Juma, du peuple Xipaia

Juma est la première femme cacique (chef) de l’histoire des peuples indigènes de sa région, au nord du Brésil. À 27 ans, elle représente dix communautés qui sont toutes touchées par la construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte, sur le fleuve Xingu. «Avant moi, les autres leaders étaient corrompus par les entreprises. C’est pour ça qu’ils m’ont appelée, parce que je suis incorruptible.» Son combat et sa position l’ont déjà exposée à plusieurs tentatives de meurtre. «Les entreprises ne respectent ni notre culture, ni notre nature, ni nos modes de vie. Il faut comprendre que nos problèmes sont les problèmes de toute l’humanité.» Ce qui l’a impressionnée en Suisse? «Ici, on m’écoute et chez moi, on veut me tuer!»

Edouard Ito Waia, Kanak

Edouard Ito Waia appartient au peuple kanak de Nouvelle-Calédonie. Ce vénérable homme de 60 ans est un artiste peintre et sculpteur engagé dans la défense des océans et des forêts, «les deux poumons de la terre sans lesquels nous n’aurions plus d’oxygène». Il vit dans sa tribu, en montagne, mais passe son temps à conseiller les gens sur les bonnes pratiques à adopter pour préserver la nature. «Savez-vous que 90% de notre biodiversité est endémique?» aime-t-il rappeler. Premier vice-président du récif de la côte ouest classé au patrimoine mondial, Ito se préoccupe du développement durable. «Chacun est garant du devenir qu’on ne verra pas.» Un souvenir de la Suisse? Les centres de tri et la foire bio de Moudon.


19/05/2018
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 145 autres membres