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Macron et les francs-maçons : le bras de fer

 

Macron et les francs-maçons : le bras de fer

ENQUÊTE - La plupart des frères ont soutenu l'élection d'Emmanuel Macron. Mais, depuis, les frictions s'accumulent entre certaines franges de la franc-maçonnerie française qui défendent une vision stricte de la laïcité, et un président qui a multiplié les gestes en direction des religions.

Ils ont déployé leurs bannières, qui évoquent l'Etoile polaire, l'Altérité, l'Orient de Paris ou la Défense laïque. Plusieurs milliers de francs-maçons, arborant sautoirs et cordons bleu ciel, se pressent en rangs serrés, en ce 1er mai, dans les allées du cimetière parisien du Père-Lachaise. A l'appel d'une dizaine d'obédiences, ils honorent comme chaque année les martyrs de la Commune de Paris et autres «héros de la République» ; ce jour-là, ce sont Philippe Honoré et Mustapha Ourrad, membres de Charlie Hebdo assassinés lors de l'attaque du 7 janvier 2015. Au terme de leur parcours, devant le mur des Fédérés, les frères et sœurs entonnent en chœur Le Temps des cerises, L'Internationale puis La Marseillaise.

Philippe Foussier, grand maître du Grand Orient de France (GODF), sonne la charge contre l'Elysée.

Cette année, ce rassemblement prend une tournure particulière car une bonne partie des francs-maçons sont en colère. Ils pestent contre Emmanuel Macron, qui a pris de nombreuses initiatives en faveur des religions au détriment, selon eux, des non-croyants et d'une laïcité dont ils se disent les défenseurs rigoureux. De sa voix grave, Philippe Foussier, l'actuel grand maître du Grand Orient de France (GODF), la principale obédience hexagonale, sonne la charge dans un discours au vitriol contre les «confusions» qui seraient encouragées par l'Elysée: «Les questions religieuses ne doivent pas envahir la vie sociale et civique, lance-t-il.

Monsieur le Président, soyons très clairs, les francs-maçons ne demandent rien pour eux-mêmes… Ils ne veulent pas être sur la photo avec les cardinaux, les rabbins, les pasteurs, les imams et les bonzes.» Pour le responsable du GODF, la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905 est menacée et les appels aux croyants seraient le ferment d'une communautarisation de la société. La laïcité, rien que la laïcité! Son discours est très applaudi.

Bien sûr, tous les frères ne sont pas prêts à partir en guerre contre le cléricalisme présumé d'Emmanuel Macron. Les grandes obédiences comme la Grande Loge de France (GLDF), très spiritualiste, ou la Grande Loge nationale française (GLNF), ouvertement déiste, ne veulent pas prendre de positionspubliques sur ces sujets. «Nous prônons l'éducation, la tolérance et le dialogue», explique Philippe Charuel, le grand maître de la GLDF.

Proximité avec des Macroniens

Cette dernière, considérée comme assez œcuménique, avec des frères venus de droite, du centre et de la gauche, semble davantage en phase avec l'Elysée que le GODF, traditionnellement proche des socialistes. Détail symbolique: le 19 avril, lors de l'hommage rendu au grand temple de la GLDF, rue Puteaux à Paris, au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, à la fois catholique fervent et franc-maçon revendiqué, assassiné à Trèbes par un djihadiste, la présence de ...

 

 

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09/06/2018
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